Qualité de l'air: Malade à cause de la pollution, une Parisienne porte plainte contre l'Etat

SANTE PUBLIQUE Cette ancienne danseuse a vu son état de santé se dégrader depuis son installation à Paris...

20 Minutes avec agence
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Paris, pendant le pic de pollution de l'hiver 2016, le plus long et le plus intense de ces dix dernières années.
Paris, pendant le pic de pollution de l'hiver 2016, le plus long et le plus intense de ces dix dernières années. — M.ASTAR/SIPA

Une Parisienne de 56 ans, s’estimant victime de la pollution atmosphérique parisienne a annoncé son intention de porter plainte contre l’Etat ce mercredi.

Un recours pour « carence fautive de l’Etat »

Clotilde Nonnez accuse l’Etat français de ne pas avoir appliqué les mesures permettant de faire respecter les normes de qualités de l’air en vigueur en France.

Son avocat, François Lafforgue - qui bénéficie « d’une solide réputation dans les dossiers de santé publique » (Monsanto, amiante), précise Le Monde- déposera ce mercredi un recours pour « carence fautive de l’Etat » devant le tribunal administratif de Paris, une première.

De la bronchite chronique à la pneumonie

Après 30 années dans la capitale, Clotilde Nonnez affirme avoir vu ses problèmes de santé s’aggraver. Ses bronchites chroniques se sont transformées en pneumonies, malgré une opération des sinus.

Le mode de vie n’est pas en cause, selon cette professeur de yoga : « J’ai toujours eu une hygiène de vie très saine. Très rapidement, en arrivant à Paris, j’ai développé un asthme important. (…) J’ai été danseuse professionnelle avant d’être professeur de yoga donc j’ai toujours été sportive, je n’ai jamais fumé », précise l’intéressée, citée par France Info.



Une péricardite après un pic de pollution

La quinquagénaire a pourtant développé une péricardite aiguë en décembre 2016, à la suite de l’intense pic de pollution qui a touché la capitale durant trois semaines.

Après plusieurs mois de traitement, la vie de Clotilde Nonnez est revenue à la normale, à l’exception d’« un traitement à vie pour l’asthme » que la patiente « rêve » de ne plus être obligée de prendre un jour.

La plaignante compte produire des certificats médicaux mettant en cause l’air parisien dans le développement de ses pathologies.

Le « devoir impératif » de représenter les autres victimes

Clotilde Nonnez est soutenue dans sa démarche par plusieurs associations, qui encadrent une trentaine d’autres victimes de la pollution atmosphérique.

Les responsables associatifs espèrent que cette plainte amènera à terme les pouvoirs publics à respecter les normes. « Je pense qu’elle a senti aussi le devoir impératif de représenter les autres victimes (…). Elle n’a pas peur de se montrer. Il en faut un », estime ainsi Sébastien Vray, porte-parole de l’association Respire.