Comment faire le ménage dans son armoire à pharmacie?

MEDICAMENTS Alors qu'Emmanuel Macron veut imposer la vente à l'unité des médicaments, pour éviter le gâchis, «20 Minutes» propose un mode d'emploi pour mieux gérer son armoire à pharmacie...

Oihana Gabriel
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Illustration de plusieurs médicaments. Plutôt que de conserver des médicaments inutiles, périmés ou dangereux, mieux vaut ramener ses plaquettes à la pharmacie.
Illustration de plusieurs médicaments. Plutôt que de conserver des médicaments inutiles, périmés ou dangereux, mieux vaut ramener ses plaquettes à la pharmacie. — Pixabay

« Qui n’a pas chez soi une boîte à pharmacie remplie de médicaments ? » C’est le candidat Macron qui avait lancé cette question sur le site d’En Marche !. Sa solution : élargir la vente de médicaments à l’unité. Une façon de faire des économies, pour les particuliers comme pour la Sécurité sociale. Mais avant que cette mesure ne soit mise en place, il faudra du temps pour que pharmaciens et industriels s’adaptent. En attendant, chaque citoyen peut s’adonner à un ménage de printemps dans sa boîte à pharmacie.

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Où installer son armoire à pharmacie ?

« On met souvent son armoire à pharmacie dans la salle de bain, mais en réalité l’humidité peut altérer les médicaments », souligne Thierry Moreau-Defarges, président de l’association Cyclamed, l’association qui récupère tous les médicaments non utilisés. Mieux vaut également éviter de placer votre armoire à pharmacie juste au dessus ou près d’un chauffage de peur que la chaleur n’altère les cachets.

Mais pour lui, le plus important n’est pas la pièce choisie mais «de mettre tous les médicaments dans une armoire en hauteur et fermée à clef». Histoire d’éviter que votre enfant ne s’amuse à dévaliser votre réserve de pilules qui ressemble étrangement à des smarties…

Comment procéder au tri ?

Premier bon réflexe : recenser tous les médicaments, crèmes et autres sirops de la maison. « Si on réfléchit bien, on en entrepose un peu partout, dans la cuisine, sur la table à langer, la table de nuit, la boîte à gants», s’amuse Thierry Moreau Defarges.

Une fois qu’on a entreposé devant soi toutes ces petites boîtes et cachets, comment faire un tri efficace ? « D’abord il faut mettre de côté tous les produits périmés, souligne-t-il. Deuxième catégorie à exclure de votre armoire à pharmacie nettoyée : les médicaments qui ont eu des effets secondaires néfastes et ceux qui sont inefficaces. Enfin, rien ne sert de conserver les produits pour bébé quand votre enfant a 8 ans. » Ainsi que ceux qui ne sont pas périmés, mais ne sont plus utilisables comme « les sirops qu’on ne peut plus ouvrir tellement ils ont cristallisé », insiste le président de Cyclamed.

Comment trouver la date de péremption ?

Premier indice pour savoir quoi jeter : la date de péremption. Sauf qu’elle n’est pas toujours évidente à trouver. « La date de péremption est notée sur chaque boîte et tube d’aspirine sur le couvercle ou en dessous, précise le président du Cyclamed. Mais sur les emballages, les blisters, la date est également notée sur l’extrêmité. Certains industriels commencent même à indiquer la date de péremption sur chaque comprimé ! » Si vous ne trouvez pas la date de péremption, pas toujours lisible ou si le médicament a changé d’aspect, il faut le mettre de côté également.

Que ramener à la pharmacie ?

Que faire de ces médicaments sirops ou pommades dont on n’a plus l’utilité ? Surtout ne pas les jeter à la poubelle ou aux toilettes ! « Sinon ils risquent de polluer les stations d’épuration », explique le président de Cyclamed. Le bon geste, c’est de les ramener à la pharmacie sauf les emballages en carton à jeter dans la poubelle dédiée. Et c’est ensuite l’association Cyclamed qui s’occupe de les récupérer. « On transporte les cartons vers 55 unités d’incinération en France, où ils sont transformés en électricité et en chaleur, précise le président de Cyclamed. Jusqu’à décembre 2008, il y avait une redistribution humanitaire à l’étranger. Mais le médicament ne peut pas être d’occasion ! Et les médicaments n’étaient pas toujours adaptés aux besoins des pays en voie de développement. »

A noter que les crèmes solaires, compléments alimentaires, produits lentilles, dentifrice et crème à raser ne sont pas repris. En revanche, on peut déposer les seringues, cathéters, stylos pour diabétiques ou encore aiguilles dans les 15.000 points de collecte de Dastri. Un organisme qui s’occupe de traiter les déchets de soins piquants, coupants et tranchants, particulièrement dangereux s’ils se retrouvent dans la nature (ou à portée des enfants…).

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Une fois le tri fait, quelles sont les bonnes pratiques ?

Premier réflexe: prendre son traitement jusqu’au bout. « Souvent le patient l’arrête avant la date prévue, parce qu’il se sent mieux, précise Philippe Gaertner, président de la Fédération des pharmaciens d’officine. Or pour les antibiotiques, par exemple, c’est à proscrire ! »

Deuxième bonne résolution : faire ce petit ménage une fois par an. Histoire de ne pas avoir une armoire qui déborde de médicaments inutiles… et dangereux. Car « les enfants peuvent prendre les cachets pour des bonbons et les personnes âgées peuvent confondre les multiples pilules qu’elles doivent prendre», souligne Philippe Gaertner. Mais le risque majeur, c’est de prendre un médicament périmé. Ce qui peut s’avérer plus ou moins grave. « L’aspirine après la date de péremption peut devenir toxique », reprend le pharmacien.

Troisième astuce : disposer bien en évidence les boîtes qui se périment le plus vite. « D’autant que quand on a mal, on ne prend pas forcément le temps de regarder la date de péremption. » De même, Philippe Gaertner suggère d’écrire sur un flacon la date à laquelle on l’ouvre. Et que mettre dans une pharmacie au minimum ? « Un antidouleur, quelque chose pour la fièvre et pour les petites plaies et brûlures », répond le pharmacien.