Les 5 chiffres marquants des dépenses de santé en France

ASSURANCE MALADIE Le vieillissement de la population ne va pas arranger les choses...

Nicolas Raffin

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Une fillette lors d'une consultation avec un ophtalmologue.
Une fillette lors d'une consultation avec un ophtalmologue. — I. SIMON/SIPA
  • Un tiers de la population a fréquemment recours aux soins
  • La santé mentale représente une partie importante des dépenses
  • L’évolution de la pyramide des âges ne va pas inverser la tendance à l’augmentation des dépenses dans les prochaines années

L’Assurance-maladie a dévoilé mercredi une cartographie des dépenses de soins en France. L’étude se base sur les soins consommés en 2015 par les 57 millions de bénéficiaires du régime général, soit 4 assurés sur 5. A partir de cette base, le rapport établit le « profil » des dépenses en fonction des maladies.

20 millions : le nombre de personnes ayant fréquemment recours aux soins

En 2015, près de 30 % de la population française était atteinte soit d’une pathologie spécifique et chronique (maladies cardio-neuro-vasculaires, cancers, affection de longue durée), soit prenait un traitement médicamenteux spécifique (antidépresseurs, traitement contre le diabète).

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Attention, ce chiffre ne représente pas toutes les maladies soignées en France. « On prend seulement en compte les pathologies les plus lourdes et les plus consommatrices de soins, explique le docteur Ayden Tajahmady, directeur adjoint de la direction de la stratégie à l’Assurance maladie. Une personne hospitalisée à cause de son diabète aura un traitement spécifique à cette maladie et sera comptabilisée. En revanche, une maladie comme la grippe n’est pas prise en compte dans l’étude ».

19,3 milliards d’euros : le coût annuel de la santé mentale

Ce chiffre comprend à la fois les coûts d’hospitalisation et de consultation pour maladie psychiatrique, tout comme la consommation de médicaments psychotropes (antidépresseurs). En moyenne, un patient concerné par cette pathologie « coûte » environ 7.000 euros par an à l’Assurance maladie. Entre 2012 et 2015, le coût de la santé mentale a progressé de quasiment 1,3 milliard d’euros.

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« Les dépenses en lien avec la santé mentale représentent la deuxième grande catégorie de dépenses étudiées, note Christelle Gastaldi-Ménager, responsable du département des études sur les pathologies et les patients. Si on regarde dans le détail, les femmes consomment beaucoup plus de psychotropes que les hommes ».

90 % : la part des soins du cancer dédiée à la phase « active » de la maladie

La « phase active » regroupe les patients ayant eu besoin d’un traitement (chimiothérapie) ou d’une hospitalisation dans l’année. Au total, les dépenses pour les cancers s’élèvent à 14,1 milliards d’euros en 2015, avec une dépense moyenne de 11.400 euros par patient ayant un cancer « actif ».

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« La hausse des dépenses liées au cancer (+1,5 milliard d’euros de 2012 à 2015) s’explique par la hausse des dépenses par patient, complète Christelle Gastaldi-Ménager. Si on prend le cancer du sein, on voit l’impact de l’arrivée des immunothérapies », qui sont des traitements onéreux.

+13 % : l’augmentation du nombre de personnes atteintes d’une maladie cardio-neuro-vasculaire d’ici à 2020

L’Assurance maladie a également formulé des hypothèses sur la progression de certaines pathologies dans les prochaines années. Ainsi, les maladies cardio-neuro-vasculaires (hypertension, AVC, insuffisance cardiaque) devraient concerner 5,1 millions de personnes en 2020. C’est 600.000 de plus qu’en 2015. Néanmoins, « l’effet démographique est la principale raison de cette hausse » nuance le docteur Ayden Tajahmady. Autrement dit, l’accroissement du nombre de personnes âgées dans le futur va mécaniquement multiplier le nombre de patients.

580 000 : le nombre de « patients » en plus en 2020

Selon l’Assurance maladie, « d’ici 2020, 580.000 personnes supplémentaires auront au moins une pathologie, un traitement au long cours, une maternité ou une hospitalisation ponctuelle alors qu’elles n’en avaient pas en 2015 ». Pour le professeur Luc Barret, médecin-conseil national, « ces données témoignent d’une tension qui va persister sur le système de santé français ».