Hôpitaux de Paris: La prise de rendez-vous en ligne bientôt généralisée avec Doctolib

SOINS La start-up française avait répondu à un appel d’offres en 2016…

Manon Aublanc avec AFP

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L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, le 12 janvier 2009.
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, le 12 janvier 2009. — BORIS HORVAT / AFP

Prendre rendez-vous en quelques clics avec l’un des 9.000 médecins de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) sera possible d’ici à juin 2018, à la faveur d’un partenariat inédit avec la start-up française Doctolib, a annoncé ce mardi le CHU francilien.

Mi-2016, Doctolib avait remporté un appel d’offres de l’AP-HP, soucieuse de développer la prise de rendez-vous médicaux en ligne pour faciliter les démarches des patients et faire gagner du temps à ses personnels. Une belle prise pour le leader européen du secteur, déjà fort de quelque 21.000 professionnels de santé et 600 établissements (cliniques privées, centres de santé et établissements privés à but non lucratif) clients, en France et en Allemagne.

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Le service sera proposé pour les 39 établissements de l’AP-HP d’ici à juin 2018

Accessible depuis les sites de l’AP-HP, celui de Doctolib ou depuis leurs applications mobiles respectives, la prise de rendez-vous gratuite sur internet concerne déjà sept établissements de l’AP-HP (Antoine-Béclère, Bicêtre, Paul-Brousse, Saint-Antoine, Tenon, Trousseau, et plusieurs services de Pompidou). Elle s’étendra mardi à Rothschild, dans « les prochains jours » à Avicenne, puis « au rythme d’un centre hospitalier par mois », précise l’institution dans un communiqué. Le service sera proposé pour ses 39 établissements d’ici à juin 2018, selon l’AP-HP, qui vise « 1,2 million de rendez-vous » pris en ligne chaque année, sur 4 millions de consultations.

Coût de l’opération ? « Entre 1 et 2 millions sur la durée du marché (quatre ans) », selon l’AP-HP, qui espère par ailleurs une réduction « importante » du nombre de rendez-vous non honorés, notamment grâce aux SMS de rappel envoyés aux patients, ou encore une meilleure collaboration avec les médecins libéraux. « C’est un grand pas pour nous », se réjouit pour sa part Stanislas Niox-Château, cofondateur et président de l’entreprise lancée en 2013. Si elle s’était déjà essayée au public avec le centre hospitalier Rives de Seine, sa collaboration avec un CHU « aussi grand et complexe » que l’AP-HP est une « première », pour la start-up comme pour le secteur hospitalier.

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Une stratégie numérique née d’une discussion entre un patient et Martin Hirsch

Le projet est né en 2015 à l’issue d’une discussion entre le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, et un patient « venu de Troyes » pour prendre un rendez-vous à l’hôpital Paul Brousse (Villejuif), se remémore le professeur Eric Vibert, qui y exerce. L’exemple, « caricatural », témoignait d’un « réel problème », explique le chirurgien, qui apprécie désormais de pouvoir faire le point sur ses rendez-vous « n’importe où » sur son téléphone et a vu ses consultations « augmenter de 30 % ».

L’AP-HP s’est voulue « pragmatique » en faisant appel au « savoir-faire » d’un acteur extérieur, explique-t-elle, soulignant avoir conservé son propre système de gestion des rendez-vous, et donc son indépendance. Sa démarche s’inscrit dans une stratégie numérique plus large, comme la pré-admission administrative en ligne, le wifi gratuit dans les hôpitaux ou le paiement des frais médicaux en ligne.