Vaccin contre le paludisme: Le «RTS, S» va faire l'objet d'un premier test à grande échelle en Afrique

MONDE Ce «programme pilote» a été annoncé ce lundi, à la veille de la Journée mondiale du paludisme...

20 Minutes avec agences

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Illustration du paludisme.
Illustration du paludisme. — DAVID RENGEL/CORDON PRESS/SIPA

Vacciner au moins 360.000 enfants africains contre le paludisme d’ici à 2020. C’est l’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui va mener un premier test grandeur nature avec le vaccin le plus avancé, le Mosquirix (aussi appelé RTS, S).

Mis au point par le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) en partenariat avec l’ONG Path malaria vaccine initiative, il avait reçu en juillet 2015 un avis positif de l’Agence européenne du médicament (EMA).

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Journée mondiale du paludisme le 25 avril

Annoncé ce lundi à Nairobi, à la veille de la Journée mondiale du paludisme, le « programme pilote » sera mené au Kenya, au Ghana et au Malawi, ces trois pays ayant déjà participé à de précédents tests à plus petite échelle.

Ils avaient montré que le Mosquirix permettait de réduire de 40 % le nombre d’épisodes paludiques, surtout les épisodes « graves » nécessitant une hospitalisation, a indiqué Mary Hamel, responsable pour l’OMS de la coordination du programme de vaccination antipaludique.

« L’impact sera quoi qu’il arrive énorme »

« Ce n’est pas un taux d’efficacité très élevé, mais quand on regarde le nombre de personnes touchées par la malaria, cela signifie que l’impact sera quoi qu’il arrive énorme », assure toutefois la spécialiste.

« Les informations rassemblées lors de ce programme pilote nous aideront à prendre les décisions pour une utilisation plus large de ce vaccin », a de son côté déclaré Matshidiso Moeti, directrice de la branche africaine de l’OMS.

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Le continent africain en première ligne

Il s’agira en effet d’évaluer l’efficacité du vaccin « dans le contexte d’un usage routinier » ainsi que les éventuels obstacles logistiques. Les parents devront notamment être sensibilisés au cycle de vaccination antipaludique, qui diffère du cycle traditionnel de vaccination des enfants (DTP, rougeole, etc) et implique donc des visites supplémentaires dans les centres médicaux.

L’Afrique est de très loin le continent le plus touché par le paludisme, comptant pour 92 % des 429.000 personnes tuées dans le monde en 2015. Les enfants de moins de cinq ans représentent plus des deux tiers de ces décès.

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A titre d’exemple, au Burkina Faso, le paludisme a tué l’an dernier 4.000 personnes, dont 3.000 enfants, sur quelque 9,8 millions de personnes infectées. Comme l’a indiqué ce dimanche le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), il s’agit de la « première cause de consultation, d’hospitalisation et de décès » dans le pays.