Glyphosate: Des résidus d'herbicide retrouvés dans les urines de 30 personnes, selon une ONG

PESTICIDES Une « initiative citoyenne européenne » visant à interdire la molécule a déjà recueilli environ 630.000 signatures dans l’UE...

20 Minutes avec agences
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Le désherbant "Roundup" produit par Monsanto en vente dans un magasin de jardinage de Lille, le 14 juin 2015
Le désherbant "Roundup" produit par Monsanto en vente dans un magasin de jardinage de Lille, le 14 juin 2015 — PHILIPPE HUGUEN AFP

L’ONG Générations Futures a fait analyser les urines matinales de 30 personnes des deux sexes, âgées de 8 à 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l’alimentation variable (biologique ou non, végétarienne ou non). Parmi elles, des personnalités comme l’ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho, la chanteuse Emily Loizeau, l’animatrice de radio Charline Vanhoenacker ou l’humoriste Alex Visorek.

Bilan : « 100 % des échantillons analysés contenaient du glyphosate à une concentration supérieure à la valeur minimale de quantification du test », soit 0,075 ng/ml, indique Générations Futures dans un communiqué publié ce jeudi.

Une concentration supérieure à la concentration maximale admissible

La concentration moyenne trouvée est de 1,25 ng/ml d’urine. La valeur la plus faible étant de 0,09 ng/ml, la plus élevée de 2,89 ng/ml. Dans la quasi-totalité des cas (29 sur 30), la concentration est supérieure à la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau distribuée (0,1 ng/ml).

« Malheureusement ces analyses confirment ce que nous craignions après avoir consulté d’autres études réalisées ailleurs en Europe et dans le monde : nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate », déclare le porte-parole de Générations Futures, cité dans le communiqué.

Que « les autorités européennes prennent conscience de l’urgence à agir »

Alors que la substance entre dans la composition d’herbicides comme le RoundUp de Monsanto, le plus vendu au monde, l’association souhaite que « les autorités européennes prennent conscience de l’urgence à agir et interdisent enfin cette molécule considérée comme probablement cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer » (CIRC), une branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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Pour rappel, le glyphosate a fait l’objet d’une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l’Union européenne (UE) en 2016. Bruxelles a prolongé temporairement fin juin cette autorisation, tout en restreignant ses conditions d’utilisation. Ceci dans l’attente de la publication d’un nouvel avis scientifique au plus tard fin 2017.

De son côté Générations Futures fait savoir qu’une « initiative citoyenne européenne » (Ice) visant à interdire le glyphosate a recueilli environ 630.000 signatures dans l’UE depuis son lancement en février dernier. Elle doit, comme toute autre initiative du genre, recueillir en une année au moins un million de signatures au total dans sept pays de l’UE afin de pousser la Commission à se pencher sur le dossier. Cette dernière aura alors trois mois pour réagir et décider de donner suite puis déclencher une procédure législative, ou non.