L’Assurance maladie étend son dispositif pour faciliter l'accès aux soins, mais comment ça marche?

SOCIETE L’objectif est de mieux détecter les personnes dans le besoin…

Nicolas Raffin

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Illustration d'une consultation chez le médecin
Illustration d'une consultation chez le médecin — Baleydier/SIPA

En France, l’accès aux soins est normalement un droit garanti en préambule de la Constitution. Mais d’après une étude menée en 2016 dans 18 départements, 26 % des assurés interrogés renoncent à ce droit. Les conséquences sont multiples : impact sur la santé physique et mentale, isolement ou encore dépenses de santé supplémentaires à long terme.

Pour faire reculer le phénomène, l’Assurance maladie  va généraliser un dispositif spécial - baptisé Pfidass - pour faciliter l’accès aux soins, déjà expérimenté par 22 caisses depuis l’année dernière. A partir du 1er avril 2017, 22 nouvelles caisses proposeront ce service (voir photo ci-dessous), qui couvrira toute la France d’ici mi-2018.

Le 1er avril 2017, 22 nouvelles caisses proposeront le dispositif pour faciliter l'accès aux soins.
Le 1er avril 2017, 22 nouvelles caisses proposeront le dispositif pour faciliter l'accès aux soins. - Assurance Maladie

Accompagnement « sur mesure »

Comment cela fonctionne-t-il ? Dans son dossier de presse, l’Assurance maladie explique qu’il est nécessaire « d’engager une démarche proactive » car « les personnes en situation de renoncement n’évoquent que rarement leurs difficultés ». Cela suppose que de nombreux acteurs (agents d’accueil de la Sécu, travailleurs sociaux, médecins) soient formés pour détecter les signaux d’alerte.

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Une fois la personne repérée, un accompagnement « sur mesure » est proposé. L’assuré(e) bénéficie d’abord d’un bilan de ses droits santé (CMU, aide pour une complémentaire, recherche d’un praticien aux tarifs abordables…) puis d’un suivi, pendant 70 jours en moyenne, par un conseiller dédié qui l’aide dans ses démarches.

Un tiers des dossiers aboutissent

D’après les chiffres communiqués par l’Assurance maladie, 9.400 dossiers d’accompagnement ont été ouverts pendant la phase d’expérimentation. Sur ce total, 30 % ont abouti « à la réalisation effective de soins », 42 % sont encore en traitement, et 28 % ont été classés sans suite ou interrompus.

Pour la Sécu, le bilan est globalement positif : « les échanges avec les assurés montrent que le dispositif répond à un besoin et que, s’ils n’avaient pas été pris en charge, nombre d’entre eux auraient vu leur renoncement persister. »

Les soins dentaires passent à la trappe

L’enjeu est d’autant plus important que ce sont souvent les personnes les plus démunies qui renoncent à se soigner. D’après l’enquête menée par l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), 36 % de ceux qui renoncent vivent seuls, et une part importante a du mal à s’intégrer durablement dans le monde du travail et donc à avoir un revenu décent.

Conséquence : la principale cause du renoncement aux soins est le manque d’argent, ce qui conduit à renoncer aux soins onéreux comme les prothèses dentaires ou encore les consultations chez un spécialiste.

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