Sidaction: Dépistage, préservatif et information… Les jeunes moins vigilants

TEMOIGNAGES Prévention, information, dépistage et port du préservatif... Les jeunes internautes de « 20 Minutes » racontent leur histoire à l’occasion du week-end du Sidaction…

A.B.

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Illustration de préservatifs.
Illustration de préservatifs. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Il y a ceux qui le font, et ceux qui ne le font pas. En France, la moitié des lycéens et étudiants ne se fait jamais dépister lors d’un changement de partenaire, selon une enquête santé* menée par la SMEREP auprès des étudiants et lycéens français, qui révèle les comportements à risque des jeunes concernant leur sexualité. Certains par manque d’information, certains par choix, là où d’autres s’estiment suffisamment informés. À l’occasion du Sidaction, qui se déroule ce week-end, les jeunes internautes de 20 Minutes racontent leur expérience, leur rapport à la prévention de la maladie, à son dépistage et au port du préservatif.

Une information inégale

« Je n’ai pas été sensibilisé aux dangers du sida en France, explique Jérémy. J’ai fait une partie de ma scolarité en Angleterre dans un internat et là on a reçu des cours d’éducation sexuelle. Ici, je trouve qu’il n’y a justement pas assez de sensibilisation, et que ce soit pour la prévention ou le dépistage, j’ai le sentiment qu’on doit se renseigner seul, aller à la pêche aux informations ».

Laura, elle, a très vite été sensibilisée à la prévention du sida. « Avant d’être informée sur le sida et autres infections sexuellement transmissibles (IST) à l’école, ma mère m’en avait parlé car des proches de la famille étaient séropositifs ou porteurs d’une hépatite, raconter la jeune femme. Elle a été bénévole chez AIDES, donc très jeune j’ai été sensibilisée à la santé sexuelle. Mais j’ai trouvé que la communication sur ce point au collège était très légère mais surtout inexistante au lycée ; alors qu’il me semble que c’est à cette période qu’arrive le premier rapport sexuel. On savait juste qu’on pouvait trouver des préservatifs à l’infirmerie mais sans plus, se souvient Laura. Encore aujourd’hui je suis choquée quand j’apprends à des connaissances qui l’ignoraient que l’on peut être contaminé par le virus du sida avec des rapports buccaux ».

« Je ne me fais pas dépister systématiquement »

Pour nombre de jeunes, le dépistage des IST est synonyme de corvée. Résultat : beaucoup le boudent ou ne le pratiquent pas fréquemment. « Lors d’un changement de partenaire, je ne me fais pas dépister systématiquement, mais j’essaie de le faire une fois par an tout de même », confie Marie, qui estime avoir été « bien sensibilisée à la santé sexuelle durant [s] a scolarité ». De son côté, Jérémy « n’a encore jamais fait de test de dépistage ».

« Je me fais plus régulièrement dépistée qu’avant, explique Laura. En cas de doute je n’hésite pas à en parler à mon médecin généraliste et il m’est arrivé d’aller dans un centre de dépistage », mais la jeune femme en garde « un très mauvais souvenir : il fallait y être très tôt pour être sûr de pouvoir faire la prise de sang et l’attente pour les résultats était d’une semaine », une attente qui lui paraissait interminable.

Le port du préservatif pas automatique

Selon l’enquête de la SMEREP, plus de la moitié des lycéens et étudiants ne portent pas systématiquement le préservatif lors de relations sexuelles. « Pour moi, ce n’est pas automatique, indique Marie. Parfois, il arrive qu’il y ait quelques problèmes de lubrification ou d’excitation, et le préservatif n’aide pas, du coup ça peut être gênant. Et puis on veut faire confiance à l’autre, se dire qu’il n’y a pas de risque, mais c’est très naïf de croire ça ».

Sentiment similaire chez Laura, qui a toutefois recours au préservatif systématiquement. « Maintenant que je n’ai plus de moyen de contraception autre le préservatif, c’est systématique pour chaque rapport, indique la jeune femme. Mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui on a plus peur d’avoir un enfant qu’une IST. D’ailleurs, bien que je sache qu’il y a un risque en cas de rapport buccal, je n’impose pas de préservatif à mon partenaire ».

* Etude OpinionWay pour la SMEREP réalisée du 29 avril au 25 mai 2016 auprès d’un échantillon de 507 étudiants représentatif des étudiants français et d’un échantillon représentatif de 707 adhérents SMEREP (Ile-de-France).
Etude OpinionWay pour la SMEREP réalisée du 20 mai au 7 juin 2016, auprès d’un échantillon représentatif de 403 lycéens de France âgés de 14 à 22 ans et d’un échantillon représentatif de 368 lycéens d’Ile-de-France âgés de 14 à 22 ans.