Cancer: La malchance serait le principal facteur de risque, confirment des chercheurs

SCIENCES Deux mutations génétiques sur trois responsables de la maladie résulteraient d'erreurs au moment de la division des cellules...

20 Minutes avec agences
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Illustration du dépistage du cancer.
Illustration du dépistage du cancer. — S. Pouzet / SIPA

Si certains facteurs comme le tabac, l’obésité ou encore l’hérédité, augmentent le risque de cancer, une autre cause majeure aurait été largement sous-estimée : la malchance. En effet, deux tiers des mutations génétiques responsables de la maladie résulteraient d’erreurs lors du processus de la division des cellules, c’est-à-dire lorsqu’une cellule normale copie son ADN pour produire deux nouvelles cellules.

« La plupart du temps ces mutations sont inoffensives mais parfois elles se produisent dans un gène qui déclenche un cancer ce qui est de la pure malchance », explique le Dr Bert Vogelstein, co-directeur du centre du cancer de l’Université Johns Hopkins (Etats-Unis).

Une première étude controversée

Ainsi, « 66 % des mutations cancéreuses résultent d’erreurs quand les cellules se divisent tandis que 29 % sont dues à des facteurs environnementaux et au mode de vie et 5 % à l’hérédité », ajoute le scientifique, co-auteur d’une étude parue ce jeudi dans la revue Science.

En 2015, les mêmes scientifiques avaient déjà été à l’origine d’une première étude controversée sur le sujet. Elle avait notamment fait l’objet de vives critiques de la part de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ne prenait pas en compte certains cancers comme le sein et la prostate.

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Un « facteur malchance » variable selon les cancers

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs de Johns Hopkins ont élargi leur modèle mathématique, prenant notamment en compte 32 types de cancer ainsi qu’une base de population et des données épidémiologiques plus étendues, provenant de 69 pays représentant 4,8 milliards de personnes.

Ils ont également déterminé que le « facteur malchance » était susceptible de varier selon les types de tumeurs, concernant davantage les cancers de la prostate, du cerveau et des os (à 95 %) que les cancers du pancréas (77 %) ou du poumon (35 %).