Bolivie: Une ethnie amérindienne affiche une santé cardiovasculaire à faire pâlir le reste du monde

ETUDE Par comparaison, les Américains de 45 à 84 ans présenteraient un risque de maladies cardiovasculaires cinq fois plus élevé…

20 Minutes avec agences
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Illustration Amazonie.
Illustration Amazonie. — Evaristo Sa AFP

Les membres d’une ethnie amérindienne, les Chimane de Bolivie, détiennent peut-être l’une des clés d’une bonne santé cardiovasculaire. Jusqu’à 70 ans passés, ils présentent des artères exceptionnelles, selon une étude parue ce vendredi dans The Lancet.

« Le nombre de cas d’athérosclérose coronarienne observé chez les Chimane est nettement moins élevé que dans toutes les populations étudiées jusqu’à présent », explique Hillard Kaplan, de l’Université américaine de New Mexico, qui a dirigé l’étude. L’athérosclérose est une dégénérescence des artères qui peut provoquer un infarctus du myocarde.

Pas de maladies cardiovasculaires

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont évalué le risque cardiovasculaire de 705 Chimanes, âgés de 40 à 94 ans. Les résultats ont révélé de faibles taux de cholestérol et de sucre dans le sang, ainsi qu’une tension moyenne à 11/7, trois facteurs protecteurs contre les maladies cardiovasculaires.

Les scanners ont aussi révélé que 85 % des sujets ne présentaient aucun risque de maladie cardiovasculaire. Seuls 3 % avaient un risque allant de « modéré à élevé ». Plus étonnant encore, ce risque augmentait peu avec l’âge.

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Le plus lent vieillissement artériel jamais observé

Seulement 8 % des Chimanes de plus de 75 ans étaient concernés, soit le plus lent vieillissement artériel jamais observé, indiquent les chercheurs. Par comparaison, les Américains de 45 à 84 ans présenteraient un risque cinq fois plus élevé.

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Les 6.000 membres de l’ethnie chimane vivent dans l’Amazonie bolivienne au sein de petites communautés, composées de 20 à 30 familles qui pratiquent la chasse, la pêche, la cueillette et une agriculture de subsistance.

Une bonne santé liée au mode de vie ?

Gregory Thomas, l’un des auteurs de l’étude, explique leur santé par leur mode de vie : une activité physique importante, très peu de tabagisme et une alimentation pauvre en graisse mais riche en glucides non raffinés (à base de manioc, riz et maïs).

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Une bonne situation à nuancer. Les deux tiers des Chimane souffrent de vers intestinaux et de maladies infectieuses, à cause de conditions de vie très difficiles. Le docteur Gavin Sandercock, de l’Université d’Essex, rappelle que « seuls les plus forts et ceux qui ont la meilleure santé survivent jusqu’à un âge avancé ».