Acariens, particules, pollens: Six bons réflexes pour limiter la pollution intérieure

PRATIQUE Entre les pics de pollution, les moutons de poussière et les pollens qui arrivent, petit guide pour se protéger contre la pollution chez soi...

Oihana Gabriel

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Illustration d'une femme qui aère sa chambre.
Illustration d'une femme qui aère sa chambre. — Pixabay

Acariens, particules fines, poussières et maintenant pollens. Ce cocktail explosif peut rimer avec désagréments. Alors que le sud de la France connaît un épisode de forte concentration de pollens et que l’Ile-de-France vient de traverser un énième épisode de pic de pollution, 20 Minutes liste six bons réflexes à prendre pour lutter contre la pollution intérieure.

Selon l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, les Français perdent en moyenne 9 mois d’espérance de vie à cause de l’air pollué dans leurs maisons. « On parle beaucoup de pollution aux particules fines à l’extérieur, mais l’air est bien plus pollué à l’intérieur », précise le Dr Fabien Squinazi, médecin biologiste et ancien directeur du laboratoire d’Hygiène de la Ville de Paris. Car aux particules, qui ne s’arrêtent pas à la porte d’entrée, s’ajoutent trois types de polluants intérieurs : ceux liés au bâtiment (vernis, colles, peintures), les produits ménagers et les moisissures où pullulent les acariens.

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Aérer même pendant un pic de pollution

On pourrait croire que pendant un pic de pollution la meilleure façon de protéger ses bronches reste de se claquemurer dans sa chambre. Au contraire, aérer son logis s’avère fondamental. « Il faut ouvrir les fenêtres de toutes les pièces au moins cinq minutes tôt le matin ou à la nuit tombée, assure Michel Thibaudon, expert en microbiologie et administrateur de l’Association pour la prévention et l’étude de la contamination biologique et particulaire (Aspec). Car il y a moins de circulation et les pollens augmentent à mesure que la température monte.

Autre conseil pratique : ne pas faire son lit dès le lever. « Les acariens ont besoin de chaleur, d’humidité et de nourriture pour proliférer, explique Fabien Squinazi. Trois conditions qu’ils trouvent dans le lit avec la transpiration et les fragments de peau morte que l’on perd la nuit. C’est pourquoi il faut aérer son lit pour supprimer l’humidité. Mais aussi laver les draps chaque semaine à 60 degrés pour détruire ces acariens. » Et au-delà de l’aération quotidienne, il faut bien penser à ouvrir les fenêtres quand on se lance dans la cuisine ou que l’on fait du bricolage.

Illustration d'une femme qui aère sa chambre.
Illustration d'une femme qui aère sa chambre. - Pixabay

 

Supprimer les nids à poussière

« Mais quand on fait le ménage, on met souvent en suspension des matières cachées dans la moquette », reprend le biologiste également membre du Réseau National de Surveillance Aérobiologique. Qui conseille de bien vérifier les filtres de l’aspirateur, de prendre un chiffon qui absorbe bien et le secouer dehors. Mais il insiste : « il faut surtout faire le ménage régulièrement et partout… même sous le lit où les moutons s’accumulent. » Notamment penser à shampouiner la moquette, vrai nid à poussière, les tapis… mais aussi laver régulièrement les peluches des enfants même s’il n’est pas toujours facile de faire voyager doudou dans la machine à laver. Et plus globalement, faire un diagnostic des objets et produits polluants inutiles et s’en débarasser peut être une bonne idée.

Illustration d'un aspirateur. Pour limiter sa pollution intérieure, mieux vaut ouvrir ses fenêtres quand on fait le ménage.
Illustration d'un aspirateur. Pour limiter sa pollution intérieure, mieux vaut ouvrir ses fenêtres quand on fait le ménage. - Pixabay

Vérifier les ventilations

« Il faut vérifier que les ventilations marchent bien, ajoute Michel Thibaudon. Dans les zones comme une salle de bain sans fenêtre, il faut s’assurer que l’entrée d’air ne soit pas occultée. Si on a une VMC traditionnelle, on peut nettoyer soi-même les grilles avec un chiffon et un produit pour les vitres. En revanche, si vous avez une climatisation, vérifiez votre contrat d’entretien car mieux vaut la nettoyer deux fois par an sans quoi c’est un nid à moisissures ! »

Dire adieu aux cigarettes… et bougies parfumées

« On a un peu tendance à l’oublier, mais le polluant numéro 1 à l’intérieur reste le tabac, martèle Fabien Squinazi, médecin biologiste. La combustion d’une cigarette libère 4.000 substances chimiques… » Et pour lui, les fumeurs doivent s’en griller une dehors. « Car la fumée s’infiltre partout et le non-fumeur est très exposé », reprend le médecin. Plus étonnant, on peut également jeter toutes les huiles essentielles, bougies parfumées, sprays désodorisants et autres encens. « La combustion de ces objets émet des particules fines qui irritent tout comme les particules fines de l’extérieur », souligne le médecin.

Illustration d'encens
Illustration d'encens - Pixabay

 

Attention au linge plein de pollen

Pour certains, le retour des beaux jours rime avec nez qui coule et antihistaminiques. D’autant qu’un Français sur trois souffre d’allergies aux pollens. Michel Thibaudon conseille aux allergiques de se laver les cheveux le soir pour éviter de respirer toute la nuit ces pollens qui se glissent dans vos cheveux. Mais aussi de bien laver sa taie d’oreiller toutes les semaines. Autre conseil pratique : éviter d’étendre son linge dehors. « Les vêtements humides vont se transformer en filtres à pollens et risquent de les disséminer dans toute la maison », précise le biologiste.

Investir dans un système d’épuration d’air ?

Prudence. Deux types de système d’épuration d’air sont commercialisés : ceux avec des filtres et ceux qui détruisent les polluants par photocatalyse. « Il n’existe ni étiquetage ni réglementation sur ces appareils. Et nous n’avons encore aucune étude scientifique qui prouve que ces appareils par photocatalyse ne sont pas nocifs », prévient le Dr Squinazi. Qui leur préfère les systèmes à filtres « à condition de changer ou nettoyer régulièrement ce filtre ».

Mais Michel Thibaudon nuance : « les filtres sont parfois faits en dioxyde de titane », le fameux E171 dont l’innocuité est très discutée. « Si un épurateur d’air diffuse d’autres polluants, mieux vaut s’en passer. »