Désinfectants, désodorisants, antiacariens… Les produits d’entretien seraient une «source de pollution» majeure

ETUDE Quarante-six produits sont pointés du doigt par l’association 60 Millions de consommateurs, qui estime qu’ils constituent la première source de pollution des foyers…

20 Minutes avec agences

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Certains produits contenus dans les désodorisants seraient dangereux pour la santé
Certains produits contenus dans les désodorisants seraient dangereux pour la santé — DURAND FLORENCE/SIPA

Quarante-six produits d’entretien désinfectants, désodorisants, antiacariens ou assainissants régulièrement utilisés dans les foyers seraient en fait à l’origine d’une « pollution majeure de l’air intérieur ».

Les références concernées en représenteraient même la première source et seraient à ce titre, « à éliminer ». En cause, les « composés organiques volatiles (COV), notamment le limonène, irritant et allergisant » qui entrent dans la composition de la majorité des produits pointés du doigt.

Pas suffisamment d’informations sur l’emballage ?

C’est ce qui ressort d’une étude menée par les spécialistes de 60 Millions de consommateurs et publiée ce jeudi dans le numéro hors-série d’avril-mai du magazine de l’association de défense des consommateurs. Au total, 10 sprays assainissants, 12 produits désodorisants, 12 antiacariens et 12 désinfectants sont désignés nommément dont certaines références de marques Sanytol, La Croix ou Fébrèze.

Outre l’utilisation de substances comme le limonène, 60 Millions de consommateurs déplore le manque d’informations sur l’emballage concernant la composition de ces produits. « Malgré leurs allégations « 100 % bioʺ, ʺ100 % naturelʺ, les sprays assainissants aux huiles essentielles contiennent des substances allergènes, irritantes voire toxiques, impliquant un étiquetage strict », rappelle ainsi l’étude.

Le Syndicat français des allergologues (SYFAL) rejoint l’analyse de 60 Millions de consommateurs sur ce point. « Les pictogrammes ne suffisent pas », commente le syndicat dans un communiqué de presse. « Il est urgent de mettre en place un affichage plus clair et lisible : les substances allergènes pourraient ainsi être signalées en gras dans la liste des composants pour renforcer leur visibilité ».

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Des pesticides « dangereux »

Ses auteurs regrettent également que les produits destinés à traiter les textiles contre les acariens ne soient pas clairement identifiés comme contenant des pesticides qui sont « dangereux », « interdits en usage agricole » et représentent notamment « une menace mortelle pour les chats ». Pourtant, pour l’Afise, une association qui fédère les industries de la détergence, de l’entretien et des produits d’hygiène industrielle, l’étiquetage est suffisant et constitue même une source d’information importante pour le consommateur.

Par la voix de sa déléguée générale Valérie Lucas, le groupement recommande d’ailleurs aux utilisateurs de « rester confiants et lire les étiquettes pour utiliser nos produits de la façon la plus sécurisée possible ». Et affirme par ailleurs que « tout est fait pour que nos produits apportent le service attendu, dans un cadre sécurisé et réglementé » et que « les ingrédients qui entrent dans la composition des produits sont rigoureusement sélectionnés et testés avant d’être mis sur le marché ».

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L’Afise estime aussi que 60 Millions de consommateurs fait une confusion entre es substances employées dans l’agriculture et celles destinées au grand public car « les dosages et les conditions d’utilisation sont différents », précisant que « les fabricants développent des produits sûrs pour un usage précis ».

A petite dose… le mauvais argument ?

Une ligne de défense que rejette Nadine Lauverjat, coordinatrice de l’association Générations Futures, qui combat l’utilisation des pesticides, et qui se dit peu surprise par les conclusions de l’étude de 60 Millions de consommateurs. « Certains de ces produits, comme certains acaricides, utilisent des composés considérés comme des perturbateurs endocriniens, indique-t-elle. Or, ces pertubateurs endocriniens peuvent être néfastes même à faible dose. Il suffit d’y être exposé à une mauvaise période pour que la question de sa dangerosité se pose. Quand on est enceinte par exemple. »