Italie: Figure de la lutte pour l'euthanasie, un DJ tétraplégique choisit le suicide assisté en Suisse

DEBAT Fabiano Antoniani était cloué sur son lit depuis un accident de la route survenu en 2014, son euthanasie relance le débat sur la question dans le pays...

20 Minutes avec agence

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Fabiano Antoniani, 39 ans, était un symbole de la lutte pour l'euthanasie en Italie. Celui qui était connu sous le nom de DJ Fabo a choisi de partir mourir en Suisse, en février 2017.
Fabiano Antoniani, 39 ans, était un symbole de la lutte pour l'euthanasie en Italie. Celui qui était connu sous le nom de DJ Fabo a choisi de partir mourir en Suisse, en février 2017. — Facebook

Il avait été victime en 2014 d’un accident de la route qui l’avait rendu tétraplégique et aveugle. Le DJ italien Fabiano Antoniani est décédé ce lundi en Suisse à l’âge de 40 ans dans le cadre d’un protocole de suicide assisté avec le soutien de l’association Dignitas.

Dans son pays, où l’euthanasie est interdite, l’Italien connu sous le pseudonyme de DJ Fabo avait touché la population en réclamant le droit de mourir, que la justice lui avait refusé plusieurs fois.

Accompagné par l’ancien député européen Marco Cappato

« Monsieur le président de la République, je voudrais pouvoir choisir de mourir sans souffrir. Faites-moi sortir de cette cage », avait notamment supplié l’artiste dans un message vidéo adressé en janvier dernier à Sergio Mattarella et lu par sa compagne. Devenu un symbole de la cause du droit à la mort assistée, il a donc dû se rendre en Suisse, où l’euthanasie est légale, pour mettre fin à ses jours.

Comme le raconte Euronews, le quadragénaire a été accompagné dans ses derniers instants par l’ancien député européen italien Marco Cappato, grand défenseur de l’instauration d’un droit à la mort assistée inscrit dans la loi italienne. « Fabo est mort à 11 h 40. Il a choisi les règles d’un pays qui n’est pas le sien », a déclaré ce dernier sur Twitter.

L’euthanasie considérée comme un homicide volontaire

Les parlementaires italiens devraient d’ailleurs pour la première fois officiellement aborder la question en mars prochain, dans un pays où les responsables catholiques ont dans le passé condamné les propos de Fabiano Antoniani et où, note le quotidien Les Echos, le président de l’Académie pontificale pour la vie a estimé qu’« une loi n’est pas la solution ».

Si la Constitution italienne reconnaît le droit de refuser les soins médicaux, le suicide assisté est actuellement considéré comme un délit et l’euthanasie active comme un homicide volontaire.

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Une situation que DJ Fabo avait vivement dénoncée dans une vidéo où il interpellait les politiciens de son pays. « C’est vraiment une honte qu’aucun parlementaire n’ait le courage d’assumer une loi dédiée aux personnes qui souffrent et qui ne peuvent pas mourir chez elles, qui doivent aller dans d’autres pays pour jouir d’une loi qui pourrait exister en Italie », s’indignait alors Fabiano Antoniani.