Soins dentaires mal remboursés: Que proposent les candidats à la présidentielle?

SANTE DENTAIRE Une étude de la MGEN dévoilée ce lundi rapporte que près de 30% des Français ont renoncé à des soins dentaires en 2016 pour des raisons financières...

Anissa Boumediene

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Illustration: un patient chez le dentiste.
Illustration: un patient chez le dentiste. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Besoin d’un implant dentaire, d’un bridge ou d’une couronne, mais vous n’en faites rien ? Vous ne seriez pas le seul : en 2016, près d’un Français sur trois (29,2 %) a renoncé à des soins dentaires pour des raisons financières, selon une étude de la MGEN dévoilée ce lundi. Les prix élevés des prothèses dentaires et leur remboursement très faible par la Sécurité sociale dissuadent nombre d’assurés de franchir la porte du cabinet d’un chirurgien-dentiste. Pour la profession cependant, qui déplore la « destruction massive » de la filière dentaire et appelle à une forte mobilisation ce vendredi, rien de plus normal que de « "se refaire" sur les actes prothétiques » aux forts dépassements d’honoraires, comme l’explique à 20 Minutes le Dr Jacques Le Voyer, vice-président de l’Union dentaire, syndicat de dentistes. A quelques semaines du premier tour des élections présidentielles, la question ne laisse pas indifférents les principaux candidats, et la quasi-totalité d’entre eux a fait part de ses propositions en matière de prise en charge des soins dentaires.

 

Le candidat à l'élection présidentielle Benoît Hamon

Hamon pour un « zéro reste à charge »

Pour le candidat socialiste, « il faut augmenter la part de remboursement de la Sécurité sociale » pour les soins dentaires. Benoît Hamon estime qu'« elle est aujourd’hui ridicule et finalement elle est essentiellement à la charge des complémentaires santé, ce qui fait que non seulement les tarifs sont élevés, mais qu’on est plus ou moins bien protégés selon qu’on a une bonne mutuelle ou pas ». Mais le candidat socialiste n’a pour l’heure avancé aucun chiffre.

François Fillon lors de sa conférence de presse à son QG à Paris, le 6 février 2017.

Fillon compte sur les mutuelles

Son discours d’hier n’a plus grand-chose avec celui d’aujourd’hui. S’il a d’abord plaidé pour des déremboursements massifs des frais de santé et un plus grand poids donné aux assurances privées, François Fillon défend désormais une meilleure prise en charge financière des soins dentaires. Le candidat de la droite a pour projet d'« aboutir [d’ici à 2022] à un reste à charge de zéro pour les (…) les plus coûteuses comme les prothèses dentaires ». Pour y parvenir, il préconise de « contrôler le coût des prestations » et promet que « la hausse des cotisations sera maîtrisée ». En clair, les tarifs des chirurgiens-dentistes seraient dans son viseur et les mutuelles, qui devraient mettre davantage la main à la poche, pourraient augmenter leurs prix sans non plus les faire flamber.

Emmanuel Macron lors du forum

Macron pour une revalorisation des soins de prévention

De son côté, Emmanuel Macron prévoit « le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale des frais dentaires ». Une promesse qu’il a déclaré vouloir accomplir d’ici la fin du quinquennat. Le candidat d’En Marche ! promet par ailleurs une revalorisation des soins de prévention (caries, détartrages, etc.), une mesure qui va dans le sens des revendications des chirurgiens-dentistes. Mais pour les soins prothétiques, il table par ailleurs sur une « baisse des coûts », grâce à une « plus grande transparence ». Et il exclut toute augmentation des tarifs des mutuelles.

Le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle, Jean-Luc Melenchon

La « Sécurité sociale intégrale » de Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de La France insoumise, lui, n’a que faire des mutuelles. Pour assurer la santé des Français, il mise sur la «Sécurité sociale intégrale ». Une mesure qui, selon Jean-Luc Mélenchon, permettrait un remboursement à 100 % de l’ensemble des dépenses de santé, « dont les soins et appareils dentaires ». Et sans que cela ne coûte un centime aux assurés.

Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France, lors d'un débat sur la santé organisé par la Mutualité française à Paris le 21 février 2017

Dupont-Aignan pour une amélioration des remboursements

Rien d’aussi radical pour Nicolas Dupont-Aignan, qui penche plutôt pour une amélioration des remboursements des soins dentaires « de base ». Le candidat de Debout la France recommande une augmentation de la prise en charge des prothèses dentaires, sans en préciser le montant, ainsi qu’une « augmentation de la base de remboursement des couronnes dentaires de 107,5 à 160 euros ».

La présidente du Front national français, Marine Le Pen, le 21 janvier 2017, à Coblence, en Allemagne.

Marine Le Pen muette

Si la candidate du Front national ne s’est pas privée pour tacler la volte-face de François Fillon sur son programme santé, elle n’a toutefois pas précisé la teneur de ses propositions en matière de prise en charge financière des soins dentaires. Dans son programme présidentiel, Marine Le Pen s’engage à « garantir la Sécurité sociale pour tous les Français ainsi que le remboursement de l’ensemble des risques pris en charge par l’Assurance maladie » et à supprimer l’aide médicale de l’État (AME), un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier sous conditions d’un accès aux soins.