Le marché de l'automédication en hausse en 2016

CONSOMMATION Les ventes de médicaments sans ordonnance ont augmenté de 3,3 % en valeur en 2016 sur un an en France...

20 Minutes avec AFP

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Illustration de médicaments.
Illustration de médicaments. — Pixabay

Les Français sont plus friands des médicaments vendus en pharmacie sans prescription et non remboursés. Les ventes ont en effet augmenté de 3,3 % en valeur en 2016 sur un an en France, à environ 2,33 milliards d’euros, selon des chiffres des fabricants du secteur à paraître ce vendredi.

En y ajoutant les dispositifs médicaux et les compléments alimentaires non prescrits, le marché de l’automédication a connu une croissance de 4,8 % à près de 3,9 milliards d’euros, selon l’association des fabricants Afipa.

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Vers l’automédication

Les dispositifs médicaux vendus hors prescription ont connu une forte croissance l’an dernier (+5 % à 817 millions d’euros), et les compléments alimentaires encore davantage (+9,3 % à 736 millions d’euros).

L’automédication a représenté l’an dernier 10,7 % des ventes des pharmacies et a contribué à hauteur de 25 % à la croissance de leur chiffre d’affaires, lequel a progressé au total de 2 % à 36,2 milliards d’euros, selon l’Afipa s’appuyant sur un échantillon OpenHealth de 7.430 pharmacies.

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Les Français aspirent à davantage d’automédication, afin de s’épargner une consultation médicale pour des maladies bénignes qu’ils savent comment traiter, dit l’association.

Elle présenterait aussi l’avantage de désengorger les cabinets médicaux assaillis lors des pics de pathologies hivernales, toujours selon l’Afipa.

Des patients « responsabilisés » plutôt qu'« infantilisés »

« La prise en charge individuelle des pathologies du quotidien permettrait de préserver le financement des affections lourdes et/ou chroniques par la collectivité », estime par ailleurs l’association.

L’idée, reprise un temps par François Fillon, avait déclenché fin 2016 une vive polémique, à gauche comme à droite, si bien que le candidat des Républicains à l’élection présidentielle avait dû battre en retraite.

« Les déclarations de François Fillon ont permis que cette question soit abordée dans le débat public, c’est bien », a positivé Dominique Giulini, le président de l’Afipa, interrogé par l’AFP.

« On ressent le débat politique beaucoup trop réduit sur les baisses des prix des médicaments (…), c’est trop étroit », a-t-il ajouté, plaidant pour des patients « responsabilisés » plutôt qu'« infantilisés ».

« On rencontre les équipes de campagne » des différents candidats à la présidentielle « et quand on démystifie les préjugés, la réaction envers nos concepts est très positive », à droite comme à gauche, a encore affirmé M. Giulini.