Il y a 10 ans, on fumait encore dans les lieux publics «c'était juste infect»

VOUS TÉMOIGNEZ. L'interdiction de fumer au travail et dans les lieux publics a 10 ans. Nos internautes flottent entre nostalgie et soulagement d'une époque révolue...

Tristan Lescot

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Deux femmes fument dans un café
Deux femmes fument dans un café — POUZET/SIPA

Dix ans déjà… Le 1er février 2007 était mis en œuvre le décret sur l’interdiction de fumer sur les lieux de travail et dans les lieux publics. Il faudra attendre le 1er janvier 2008 pour que cette interdiction soit ferme et définitive. Adieu cigarettes au bureau, adieu cigarettes au resto. Qui a en mémoire les wagons enfumés dans les trains ? La sèche au comptoir accompagnée de son petit noir ? Les attroupements au pied des cafés étaient rares. L’époque paraît si lointaine et pourtant, les souvenirs de nos internautes restent très vivaces.

« Un vrai poison »

Marie est une grosse fumeuse. Avant l’interdiction, elle travaillait dans une brasserie et cette loi lui a sauvé la santé : « Niveau bar, le week-end, c’etait juste infect de bosser avec toute la fumée qui brûle les yeux, à en ouvrir les portes en plein hiver par -10 degrés. »

Djoulie ne souhaite « aucun retour en arrière ». Pourtant fumeuse, elle bénit cette loi : « l'État m’a, pour le coup, aidé à ne plus vivre dans la fumée nocive (…) Je me demande aujourd’hui comment j’ai fait pour vivre dans autant de fumée : ça pue, ça pique les yeux et le nez. Bref, du vrai poison. » Maryse partage la même optique : « Dans les boîtes, l’air était irrespirable ! » Elle considère que revenir sur cette interdiction serait « intolérable pour tout le monde ».

Drôle de cigarette pour une rencontre

Gisèle n’est pas de cet avis. Elle appréciait quand « il y avait deux salles : fumeurs et non fumeurs ». Elle se souvient, mélancolique : « Le soir après le boulot, quel plaisir de retrouver des amis pour boire un café ou un rafraîchissement en fumant une bonne clope ! On passait une petite demi-heure avant de rentrer chez soi, c’était un parfait moment de détente sans gêner les non-fumeurs ! En plus on rencontrait réellement les gens ! Il y avait un vrai contact humain. » Aujourd’hui, alors que les réseaux sociaux sont omniprésents, « on rentre chez soi, on prend le café et la clope installée devant un écran les doigts sur un clavier, on parle avec des gens du monde entier mais en réalité on est seuls ». Maryse est dans le même état d’esprit : « J’appréciais de sortir au café ou pub avec des amis. Au restaurant, j’appréciais également les deux salles (fumeurs ou non). Dans tous les lieux, on consommait plus. On arrivait à avoir une vie sociale plus riche ».

« Noyés dans la fumée de cigarette »

Baptiste, mi-amusé, mi-provocateur, se remémore ses drôles d’habitudes : « On en a grillé des bédos au Buffalo, noyés dans la fumée de cigarette. » La clope ambiançait-elle les soirées ? Jean-Marie dit oui bien qu’il reconnaisse dans le même temps que sortir de club sans mal de tête, « ça fait plaisir ».

Elise avait un problème bien plus grave. Elle souffrait de « points aux poumons ou au cœur » et se remémore avec douleur des céphalées qu’elle avait à cause de la fumée des cigarettes. Grâce à l’interdiction, elle respire de nouveau et a repris du plaisir à s’amuser en boîte. Pour Christelle, ce fut une libération : « Non fumeuse asthmatique, je revis et n’ai plus de crises au restaurant ou au travail. »

À défaut de mettre tout le monde d’accord, Chantal, ex-fumeuse, reste très favorable à cette loi mais déplore que les fumeurs soient aujourd’hui considérés « comme des pestiférés ».

Une position tolérante qui appelle à fumer… le calumet de la paix.