Perturbateurs endocriniens: «Pas une psychose, éveiller les consciences»

CONSOMMATION D'inquiétantes études paraissent régulièrement sur la présence de substances potentiellement nocives dans des produits du quotidien ...

Martin Guimier

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Des perturbateurs endocriniens sont présents dans la plupart des marques de couches-culottes.
Des perturbateurs endocriniens sont présents dans la plupart des marques de couches-culottes. — MEIGNEUX/SIPA

Il sont présents dans les shampoings, les dentifrices, les crèmes et même… dans les couches pour bébé. C’est ce qu’a révélé le magazine 60 millions de consommateurs, dans une étude publiée ce mardi. Des perturbateurs endocriniens, tels que le glyphosate ou des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), potentiellement cancérigènes, seraient présents dans 10 des 12 modèles de couches-culottes testés par le magazine.

Si les concentrations de ces substances restent toujours en deçà des seuils fixés par la réglementation, l’étude ne rassure pas pour autant. 20 Minutes fait le point avec Bernard Jegou, directeur de recherches à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Etiqueter tous les produits

Le chercheur insiste sur le sérieux de l’étude, « réalisée par l’Institut national de la consommation, et donc très pointue », mais également sur son importance : « Ces études sont une bonne chose, car le consommateur a le droit de savoir ce qu’il achète. » 60 Millions de consommateurs réclame d’ailleurs la mise en place de plus de réglementations spécifiques, afin d’obliger les fabricants à afficher la composition précise des produits sur les emballages. Ce qui n’est pas toujours le cas, notamment donc pour les couches-culottes, mais également pour d’autres produits, comme les tampons ou serviettes hygiéniques.

>> A lire aussi : La majorité des couches-culottes contiendraient des résidus de substances toxiques

Des « alertes lancées »

Pour Bernard Jegou, ces études sont donc à prendre en compte : « Elles sont des alertes qui sont lancées et qui doivent être considérées », sans pour autant les dramatiser « Une faible présence de certains perturbateurs ne se traduit pas nécessairement par un danger. » Référence au ton alarmiste de nombreuses études parues récemment, qui n’est pas adéquat selon lui.

« Eveiller les consciences »

Le directeur de recherches de l’Inserm évoque une démarche plus globale : « La lutte contre la présence de perturbateurs endocriniens ou autres pesticides dans les produits de la vie courante est le premier maillon d’une grande cause environnementale. » Il s’agit pour lui de responsabiliser les consommateurs, en leur faisant savoir que des traces de substances potentiellement nocives peuvent être présentes dans les produits qu’ils achètent. C’est cette prise de conscience qui donnera l’impulsion auprès des grandes entreprises : « Il ne s’agit pas de développer une psychose autour de cet enjeu mais d’éveiller les consciences. Il faut intégrer les nouvelles études qui sont réalisées et agir en conséquence. »