Tampax va faire figurer la composition de ses tampons sur les emballages

INFO 20 MINUTES Dès le printemps 2017, la composition des tampons commercialisés par Tampax figurera sur l'emballage du produit...

Anissa Boumediene

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Pour ses règles, une femme utilisera entre 12.000 et 15.000 tampons et autres serviettes hygiéniques dans sa vie.
Pour ses règles, une femme utilisera entre 12.000 et 15.000 tampons et autres serviettes hygiéniques dans sa vie. — L.VENANCE / AFP

C’est peut-être le début de la fin d’une certaine omerta, et un pas important pour les femmes qui militent pour une information claire sur ce produit intime qu’elles utilisent chaque mois durant leurs règles. Après de nombreuses demandes et des pétitions sur Change.org, Tampax, le leader mondial des tampons hygiéniques, va faire figurer la composition de ses produits directement sur les emballages à compter de ce printemps.

Rendre l’information accessible

Il y a quelques mois encore, obtenir une réponse claire sur la composition des protections périodiques, c’était coton, et les tampons n’y faisaient pas exception. C’est pourquoi depuis plus de deux ans, Mélanie Doerflinger, étudiante d’une vingtaine d’années, met la pression aux fabricants de serviettes et tampons hygiéniques pour que la composition de leurs produits figure sur l’emballage, « pour permettre aux consommatrices d’acheter ces produits intimes en toute connaissance de cause, en rendant l’information facilement accessible », explique-t-elle à 20 Minutes.

Mais les initiatives citoyennes et la levée progressive du tabou autour des règles ont fini par faire avancer le schmilblick. Et la pétition pour «Rendre visible les compositions des tampons de la marque Tampax‪ » lancée par Mélanie Dorflinger a d’ailleurs recueilli près de 259.000 signatures. Hasard ou coïncidence, depuis avril 2016, Tampax fait figurer sur la notice contenue dans ses boîtes de tampons quelques éléments sur la composition de ses tampons. Et une information plus détaillée est accessible en ligne sur le site de la marque. Mais ce n’est pas tout : contacté par 20 Minutes, Tampax a indiqué que « l’information sur les packs sera disponible d’ici le printemps 2017 ».

« J’attends de voir »

De quoi satisfaire les militantes ? « J’attends de voir, répond tout de go Mélanie Doerflinger à cette annonce. Si c’est pour inscrire sur l’emballage la même information que celle qui figure sur la notice, à savoir trois ou quatre éléments de composition, c’est hautement insuffisant. » Pour la jeune femme, les protections périodiques devraient faire l’objet de la même information que les produits cosmétiques. « Quand vous achetez une crème pour le corps ou un shampoing, la liste des ingrédients est exhaustive, et donnée par ordre de quantité utilisée, détaille la jeune femme. Pour les serviettes et les tampons, ce devrait être pareil, et les éventuelles traces de dioxine et autres polluants, tels que le glyphosate, devraient également figurer sur les emballages ». De son côté, Tampax rappelle que la réglementation sanitaire qui encadre la fabrication de ses produits est « très stricte » et que la marque s’y plie.

Déterminée à lever le secret qui entoure les tampons et serviettes, Mélanie Doerflinger a adressé début janvier une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, « pour que les institutions se saisissent de cette problématique ».