Monoxyde de carbone: Comment reconnaître et éviter les intoxications

SANTE Avec le retour du grand froid, les risques d’intoxication au monoxyde de carbone sont plus élevés que jamais, mais il est possible de les limiter au maximum…

Anissa Boumediene

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Pour limiter au maximum les risques d'intoxication au monoxyde de carbone, faire vérifier chaque année son chauffe eau et ses installations de chauffage, et aérer son logement 10 minutes chaque jour font partie des précautions à prendre.
Pour limiter au maximum les risques d'intoxication au monoxyde de carbone, faire vérifier chaque année son chauffe eau et ses installations de chauffage, et aérer son logement 10 minutes chaque jour font partie des précautions à prendre. — M. DANIAU / AFP

Il fait froid, très froid. Et qui dit chute des températures dit chauffage poussé à fond. Avec à la clé un risque accru d’ intoxication au monoxyde de carbone, contre lequel le ministère de la Santé met en garde alors que débute une vague de froid dans l’hexagone.

Chaque hiver, ce gaz hautement toxique provoque fréquemment des intoxications dans des logements individuels ou encore dans des collectivités, avec des conséquences potentiellement très graves. Chaque année en France, les intoxications au monoxyde de carbone coûtent la vie à plus d’une centaine de personnes. Et rien qu’entre octobre 2015 et avril 2016, 3.608 personnes ont été intoxiquées et plus de 2.000 d’entre elles ont dû être hospitalisées. Mais avec les bons réflexes, il est possible de s’en prémunir. 20 Minutes vous donne la marche à suivre.

Qu’est-ce que le monoxyde de carbone et d’où vient-il ?

Le monoxyde de carbone provient d’une mauvaise utilisation d’appareils ou moteurs à combustion fonctionnant au bois, au charbon, au gaz, à l’essence, au fioul ou à l’éthanol. Il peut être émis par des appareils tels que les chaudières, les poêles, les cheminées et inserts, les appareils de chauffage, les groupes électrogènes, certains barbecues ou encore des engins à moteur thermique comme les voitures ou les tondeuses à gazon. Dans leur grande majorité, les intoxications au monoxyde de carbone, qui sont favorisées par une aération insuffisante, ont lieu au domicile.

L’un des problèmes majeurs lié au monoxyde de carbone est que « ce gaz est inodore, incolore et non irritant, il est donc très difficile à détecter », précise le Commandant Nathalie Crispin, porte-parole de la Brigade de Sapeurs pompiers de Paris.

Quels sont les symptômes d’une intoxication au monoxyde de carbone ?

L’action du monoxyde de carbone peut être très rapide et les symptômes varient en fonction de la durée d’exposition à ce gaz. Après avoir été respiré, il se fixe sur l’hémoglobine et prend la place de l’oxygène dans le sang. « Le monoxyde de carbone provoque maux de tête, nausées et étourdissements, ajoute le Commandant Crispin. Et si plusieurs personnes se trouvent dans une pièce contaminée au monoxyde, elles développeront les mêmes symptômes en même temps ». Des symptômes qui peuvent aller jusqu’à la paralysie musculaire et la confusion mentale. Dans les cas les plus graves, l’intoxication au monoxyde de carbone peut, en quelques minutes à peine, provoquer le coma, voire le décès.

Que faire en cas d’intoxication au monoxyde de carbone ?

« On commence par aérer la pièce où l’on se trouve en ouvrant portes et fenêtres, avent d’alerter les secours, recommande le Commandant Nathalie Crispin. Puis on évacue au plus vite les locaux où l’on se trouve ». Petite piqûre de rappel pour les numéros d’urgence : le 112, numéro unique d’urgence européen ; le 18 pour les Sapeurs Pompiers et le 15 pour le Samu. Et avant de regagner les lieux, on attend d’avoir reçu l’avis d’un professionnel ou des pompiers.

Comment se prémunir des intoxications au monoxyde de carbone ?

Avec quelques mesures simples et de la vigilance, il est possible de limiter au maximum les risques d’intoxication au monoxyde de carbone. La première chose à faire est d’aérer son intérieur dix minutes chaque jour même en cas de grand froid, et de veiller à ne pas obstruer les ventilations de son logement.

Autres précautions à prendre avant le début de l’hiver : « faire une révision de son chauffe-eau et de ses installations de chauffage, faire ramoner les conduits de cheminée et ne surtout pas utiliser de manière constante un chauffage d’appoint », prescrit le Commandant Crispin. On veille également à ne pas placer de groupe électrogène à l’intérieur d’un bâtiment.

« Enfin, conclut le Commandant Crispin, il est également conseillé de placer à proximité de son chauffe-eau un détecteur de monoxyde de carbone ».