«Blue monday»: Cinq conseils pour éviter la déprime de l'hiver

BONNE HUMEUR Le psychiatre Michel Lejoyeux, qui vient de publier «Les 4 saisons de la bonne humeur», livre ses conseils de bon sens pour se remonter le moral...

Oihana Gabriel

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Illustration de bonne humeur, pas toujours au rendez-vous en cette saison froide et grise.
Illustration de bonne humeur, pas toujours au rendez-vous en cette saison froide et grise. — Pixabay

Quand les mathématiques viennent expliquer la déprime. Ce lundi, vous risquez d’avoir le blues. Normal : selon une étude de 2005, ce lundi serait le jour de l’année le plus déprimant. C’est Cliff Arnal, un psychologue de l’université de Cardiff qui a sorti une formule savante associant les facteurs de morosité : début de la semaine, météo glaciale et pluvieuse (jusqu’à -4, on est servi cette année), les fêtes sont trop loin, les prochaines vacances également et il faut maintenant éponger les dettes de Noël.

En réalité cette hypothèse n’a rien de scientifique. C’est une compagnie de voyages qui avait missionné ce psychologue pour définir le « Blue monday ». Il n’empêche que cette période n’est pas toujours gaie. C’est pourquoi 20 Minutes a demandé au psychiatre Michel Lejoyeux (ça ne s’invente pas), auteur de Les quatre saisons de la bonne humeur*, ses conseils pour que cette saison n’ait pas raison de votre bonne humeur. L’humeur étant particulièrement subjective, à chacun ensuite de voir si ces petites astuces « de bon sens » vous aident.

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Les aliments à conseiller

« Le risque de déprime de l’hiver n’est pas une fatalité », tranche Pr Lejoyeux. Il existe assez de pathologies comme ça pour s’inventer une maladie de l’hiver ! » Oubliez médicaments, luminothérapie et capsule de vitamine D. Il encourage à prendre de petits réflexes faciles.

Journées courtes, souvent grises riment avec manque de vitamine D. « Il faut donc de charger son alimentation en vitamine D pour éviter le "rachitisme de l’émotion". En clair, quand les neurones du cerveau manquent de vitamine D on ressent davantage de tristesse », souligne le médecin. Un allié pour produire des antidépresseurs naturels donc : les poissons en général, le maquereau et les sardines en particulier.

Plus étonnant, des études ont comparé ce que mangeaient des personnes de bonne humeur et celles qui l’étaient moins… et les aliments « alliés du sourire » seraient les cornichons, les pickles et la choucroute. En revanche, les boissons très sucrées sont à proscrire. « Mais attention, ce n’est pas un verre de soda qui va vous déprimer. On parle de régime… De même, le cornichon n’est pas un aliment magique ou une drogue », nuance l’addictologue.

Prendre le temps

Oubliez la course après chaque minute. Selon ce professeur, quelques activités qui invitent à se détendre et servent d’introduction à la méditation aideront à retrouver le sourire. Par exemple se préparer une tasse de thé. Sans forcément passer par une cérémonie du thé à la japonaise, mieux vaut profiter des quelques minutes d’infusion pour se poser.

« Une étude a prouvé qu’en buvant du thé noir deux fois par jour, le risque de déprime est divisé par deux », avance Michel Lejoyeux. En effet, le thé accroît le taux de dopamine et de sérotonine, deux neuromédiateurs qui produisent un état de bien être et un relâchement de la tension. « Et c’est un petit exercice de méditation simple, complète-t-il. D’autre part, une tasse de thé chaude va aider les vaisseaux des doigts à se dilater, ce qui envoie un message positif au cerveau. »

Sommeil

Dur de se lever quand il fait encore nuit. Et pourtant, mieux vaut jouer les lève-tôt. « Quand la lumière du jour est moins forte, on a besoin de bien synchroniser son cerveau sur l’alternante nuit et jour, analyse le médecin. Il assure que se lever un quart d’heure plus tôt que l’été et limiter la sieste à une demi-heure maximum facilitent ce calage. Et il faut s’exposer à une lumière forte, naturelle ou artificielle, au moins une heure par jour. « Une bonne lumière stimule le cerveau et aide à mieux dormir et être plus actif quand on est éveillé. »

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Exercice physique

Les températures glaciales freinent parfois les envies de footing. Mais le sport est votre ami pour retrouver un peu d’entrain. « On a souvent tendance à penser qu’il faut avoir une énorme activité physique pendant l’hiver, relève le médecin. Mais un peu de sport régulièrement suffit à stimuler endorphine et sérotonine. Ainsi, marcher six minutes par jour dans le froid augmente de 30 % votre score de bonne humeur. » D’autant qu’en bougeant modérément mais tous les jours, on évite souvent quelques douleurs…

Musique et images positives

Ecouter un quart d’heure de musique chaque soir, ferait le plus grand bien. « Mais pas en fond musical, en pleine conscience, précise le professeur. Des études ont identifié grâce à des IRM que certaines musiques font baisser la pression artérielle et stimulent le cerveau. » Enfin, il prône le « nexting », c’est-à-dire anticiper… les prochaines vacances par exemple. « On peut ainsi commencer à vivre le printemps dès maintenant. »

*Les quatre saisons de la bonne humeur éditions JC Lattès, novembre 2016, 18 euros