Risque de dépendance, usage détourné… Le somnifère Stilnox bientôt prescrit sur ordonnance sécurisée

MEDICAMENTS La mesure sera applicable à compter du 10 avril...

20 Minutes avec agences

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Illustration de médicaments.
Illustration de médicaments. — ISOPIX / SIPA

A compter du 10 avril, le zolpidem, un puissant somnifère commercialisé notamment sous la marque Stilnox, devra être prescrit via une ordonnance sécurisée.

Les médicaments à base de ce sédatif « administrés par voie orale » se verront en effet appliquer « une partie de la réglementation des stupéfiants » dans 90 jours « en raison d’un risque de pharmacodépendance, d’abus et d’usage détourné », indique un arrêté daté du 7 janvier et paru ce mardi au Journal officiel.

Un filigrane pour empêcher les photocopies

L’ordonnance sécurisée est un support spécifique comprenant un filigrane pour empêcher les photocopies. Elle impose d’écrire « en toutes lettres » le nombre de comprimés et de prises prescrits et comporte un encadré pour confirmer ce nombre. En outre, une nouvelle ordonnance ne pourra pas être établie pendant la période déjà couverte par une précédente ordonnance, sauf mention expresse du médecin.

Indiqué dans le traitement des « troubles sévères du sommeil en cas d’insomnie occasionnelle ou transitoire », le zolpidem est le médicament « le plus couramment prescrit comme hypnotique » ou somnifère, a de son côté souligné l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Le traitement déjà limité à quatre semaines

Entre 20 et 22 millions de boîtes sont prescrites chaque année en France et la durée de traitement était déjà limitée à quatre semaines. Depuis 1993, le zolpidem a toutefois fait l’objet de deux enquêtes, menées par l’ANSM.

Elles ont mis en évidence des cas de pharmacodépendance « chez des utilisateurs chroniques dans une utilisation thérapeutique, mais à doses élevées » et « chez des patients qui l’utilisent dans le cadre d’un mésusage ou d’un abus », à la recherche d’un effet autre que somnifère.

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Des utilisations dans un but de soumission chimique (« drogue du violeur ») ont également été rapportées. C’est pour ces raisons que, dès 2011, la commission des stupéfiants et des psychotropes de l’ANSM a proposé de le prescrire sur ordonnance sécurisée.