Fécondité: Pourquoi les Européennes font de moins en moins d’enfants

ETUDE Les pays du Sud comme l’Espagne, la Grèce et l’Italie sont particulièrement touchés…

20 Minutes avec agences

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Illustration main de Bébé.
Illustration main de Bébé. — Future/REX Shutterstock/SIPA

Les femmes font de moins en moins d’enfants en Europe, surtout dans les pays du Sud. Telle est la conclusion formulée par une étude de  l’Institut national d’études démographiques (Ined) rendue publique ce mercredi.

Ainsi, depuis les années 1970, la fécondité n’a cessé de baisser, atteignant des niveaux très bas : 1,7 enfant en moyenne pour les femmes nées en 1974. A titre de comparaison, jusqu’en 1975 (période du « baby-boom »), les femmes avaient en moyenne 2,1 enfants, et parmi celles nées au début des années 1940, par exemple, seule une sur dix en moyenne est restée sans enfant.

Contraception, instabilité des unions et incertitude économique

« Une contraception efficace, une arrivée des enfants plus tardive, une instabilité plus grande des unions, le souhait d’avoir avant tout un emploi alors qu’ils sont de plus en plus instables et l’incertitude économique croissante » ont pu favoriser cette infécondité, analyse l’Institut.

C’est en Europe du Sud que le taux d’infécondité a progressé le plus rapidement. Ainsi, jusqu’à une femme sur quatre née dans les années 1970 pourrait rester sans enfant en Espagne, Grèce et Italie.

« Difficultés sur le marché de l’emploi » et « inégalités de genre »

Dans ces pays, qui cumulent « des difficultés sur le marché de l’emploi » et « des inégalités de genre encore très marquées qui rendent difficile la conciliation entre travail et famille », l’Institut prédit une augmentation de ce taux, qui devrait même frôler le pic atteint après la Première guerre mondiale.

En effet, une femme sur quatre née dans la première décennie du XXe siècle n’a pas eu d’enfant. La guerre, qui a entraîné de nombreux décès de jeunes hommes en âge de se marier, et la crise économique des années 1930, qui a forcé ceux des pays les plus pauvres à émigrer vers les pays les plus riches, expliquent majoritairement ce « retard massif de maternités », précise l’Ined.

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Mais à la faveur de la croissance économique et de la mise en place de la protection sociale, le taux d’infécondité a ensuite fortement diminué.