Etats-Unis: Des chercheurs réussissent à créer une partie d'un estomac en laboratoire

SCIENCES Cet estomac 2.0 devrait permettre de mieux comprendre l’évolution du cancer de l’estomac mais aussi les ulcères, les inflammations ou les reflux gastriques…

20 Minutes avec agence

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Souris de laboratoire, illustration.
Souris de laboratoire, illustration. — ROBERT F. BUKATY/AP/SIPA

Des chercheurs du centre médical de l’hôpital pour enfants de Cincinnati (Etats-Unis) sont parvenus à recréer en laboratoire la partie haute d’un estomac humain, le « fundus ».

Le tissu obtenu est même capable de produire acide et enzymes digestifs et devrait permettre aux scientifiques de tester des médicaments ou d’étudier l’évolution de certaines maladies. En effet, attaquée par la bactérie Helicobacter pylori, cette région de l’estomac est le siège d’ulcères et d’inflammation et est également le lieu d’où partent les reflux gastriques.

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Ce « fundus » a été obtenu dans des boîtes de Petri en combinant cellules-souches humaines pluripotentes et cocktails de molécules. Nous passerons ici les détails scientifiques de l’expérience mais il est important de savoir que les experts ont réalisé de multiples expérimentations avant d’obtenir ce tissu fonctionnel.

Cellules-souches humaines pluripotentes et cocktails de molécules

C’est en étudiant de près la souris et la constitution de son estomac que nos chercheurs américains ont finalement identifié des facteurs génétiques permettant la création en laboratoire de la région du « fundus ». Ils ont alors dupliqué l’expérience sur des cellules-souches humaines cultivées en laboratoire et sont parvenus à produire des mini-organoïdes (ou mini-organes) appartenant au « fundus ».

Il y a deux ans, rappelle Pourquoi Docteur, la même équipe était déjà parvenue à récréer en laboratoire une autre partie de l’estomac impliquée dans la production d’hormones : l’antre. « Et maintenant que nous savons générer l’antre et le fundus de l’estomac dans des mini-organes, nous allons pouvoir étudier l’interaction physiologique entre ces différents tissus, comment ils répondent à des infections, des lésions et aux traitements pharmacologiques », avance ainsi Jim Welles, le responsable des travaux publiés dans la revue Nature.

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Avec les ulcères, les inflammations et les reflux gastriques, antre et fundus ainsi recréés devraient également permettre d’étudier en profondeur l’évolution du cancer de l’estomac qui représente « la troisième cause de décès par cancer dans le monde », rappelle le chercheur.