Alcool: Le gène β-Klotho nous permettrait de réguler notre envie de boire

SCIENCES Cette découverte ouvre la voie à des traitements par thérapie génique ou pharmacogénétique…

20 Minutes avec agence
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Illustration alcool, bière.
Illustration alcool, bière. — KROD/WPA/SIPA

L’envie de boire de l’alcool ou de modérer sa consommation serait liée à une variante du gène β-Klotho (KLB), déjà impliqué dans la régulation de la consommation sociale d’alcool.

Les chercheurs de l’université du Texas Southwestern Medical Center (Etats-Unis) assurent, en effet, que cette variante génétique que l’on retrouve chez 40 % de la population conditionnerait notre envie d’enchaîner bière et mojitos.

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Plus de 100 000 buveurs comparés

Pour arriver à cette conclusion, nos experts ont passé au crible les habitudes de consommation de plus de 100 000 buveurs « légers et lourds » et comparé leurs profils génétiques (ADN) à ceux de non-buveurs. Bingo : les scientifiques se sont aperçus que les buveurs qui possédaient la variante du gène ß-Klotho avaient tendance à réduire d’eux-mêmes leur consommation de boissons alcoolisées.

Dans leurs travaux publiés cette semaine dans la revue de l’Académie des sciences américaine (PNAS), les chercheurs expliquent avoir mené de plus amples recherches sur des souris de laboratoire. Afin de valider leurs résultats, les scientifiques ont privé les rongeurs du fameux gène ß-Klotho. Les souris avaient ensuite la possibilité entre de l’eau et de l’alcool. Résultat ? En l’absence du gène KLB, les petites bêtes ont choisi de boire sans modération.

Réguler l’envie ou non d’alcool selon la quantité déjà consommée

L’étude a également permis de mieux comprendre le rôle de l’enzyme FGF21, sécrétée par le foie et régulant la consommation d’alcool au niveau cérébral. Les chercheurs pensent que la protéine produite par le gène KLB joue en effet un rôle important dans l’axe « cerveau-foie » et dans la libération de FGF21. De fait, nos experts espèrent ainsi être en mesure « d’influencer ce mécanisme afin de réduire de manière artificielle » notre consommation d’alcool.

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Alors que l’alcool favoriserait le risque de développer un cancer et est responsable de dizaines de milliers de morts chaque année en France, ces travaux ouvrent la voie, selon leurs auteurs, à des traitements par thérapie génique ou pharmacogénétique.