Médecine: Un amendement redonnant espoir aux «privés de thèse» examiné à l'Assemblée

POLITIQUE L’Ordre des médecins, qui « interpelle les autorités depuis quatre ans », n'a reçu que 27 dossiers mais le syndicat national des jeunes médecins généralistes évoque un quarantaine de cas…

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un médecin.
Illustration d'un médecin. — AFP

Un amendement gouvernemental au projet de loi montagne qui prévoit que les étudiants en médecine généraliste de l’ancien régime (les résidents) puissent se réinscrire à l’université pour présenter leur thèse, va être examiné en deuxième lecture, demain, mercredi. Le texte redonne espoir à ces médecins « privés de thèse » interdits d’exercer pour ne pas avoir soutenu à temps et obligés parfois de pointer au RSA.

Parmi eux, Christian Gauchet, 47 ans, bac+8 en médecine générale et dix-sept ans d’expérience au Samu, qui a dû se reconvertir comme agent immobilier, ou Laetitia Monnier, 42 ans, « vendeuse en charcuterie » qui suit désormais une formation en conduite de ligne de production dans l’industrie.

« On pense qu’ils sont au moins une centaine »

Des résidents comme Christian et Laetitia ayant validé toute leur formation, sauf leur thèse, le syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) en a recensé une quarantaine. « Mais on pense qu’ils sont au moins une centaine », lâche Christine Wyttenbach qui mise sur la médiatisation de l’affaire pour en « retrouver d’autres ». L’Ordre des médecins, qui « interpelle les autorités depuis quatre ans », n’a de son côté reçu que 27 dossiers, assure son vice-président Patrick Romestaing.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine avait promis de « traiter » fin novembre cette situation « ubuesque ». Et l’amendement gouvernemental qui sera examiné en deuxième lecture mercredi propose de revenir sur un décret de 2004 sur la réforme des études médicales.

Jusque-là aucune date limite n’existait

Ce texte obligeait tous les résidents à soutenir leur thèse avant la fin de l’année universitaire 2011-2012. Le message n’aurait pas été clairement passé alors que jusque-là aucune date limite n’existait. Certains thésards en profitaient donc pour exercer temporairement sans diplôme, notamment comme remplaçant, ou mettaient leur carrière entre parenthèses pour des raisons personnelles, repoussant sans cesse l’échéance de la soutenance. Au point que de retour à la fac pour soutenir leur thèse, « finalisée », on leur annonçait qu’ils étaient hors délai.

Aujourd’hui, les futurs généralistes ont un délai de trois ans après la fin de leur internat pour leur soutenance, sauf dérogation. Et pour l’heure, l’amendement gouvernemental prévoit que les anciens « résidents » pourront se réinscrire à l’université pour présenter leur thèse, dans des conditions qui restent à déterminer.