Avant les repas de fêtes, on prépare son corps aux excès avec la prétox

TENDANCE En prévision de l'avalanche de calories qui déferle avec les repas de fêtes, on passe en mode prétox pour préparer en amont son organisme...

Anissa Boumediene
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Illustration: Une tasse de thé.
Illustration: Une tasse de thé. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Jusqu’à présent, on agissait alors que le mal était déjà fait. Pour les plus vaillants, on passait les lendemains de repas orgiaques de fêtes de fin d’année le ventre (et le foie) lourd, devant un bol de petit bouillon et une bouteille d’eau. Mais ce temps-là est révolu : s’il n’est pas question de zapper la coupette et le rab de bûche au beurre (rassurez-vous), désormais, on fait du bien à son corps en passant en mode prétox, la nouvelle tendance qui veut du bien à notre corps. On vous explique tout.

La prétox : kézako ?

Comme son nom l’indique, la prétox, c’est comme la détox, à ceci près qu’au lieu de l’adopter après les fêtes pour compenser nos excès de champagne et defoie gras, « on s’y astreint de manière préventive pour purifier son organisme avant l’avalanche calorique qui l’attend », explique Raphaël Gruman, nutritionniste à Paris. En pratique, n’est pas une diète, (mais ça y ressemble un peu quand même). Il s’agit d’une cure, « à commencer cinq à sept jours avant les festivités, recommande le nutritionniste. Elle va préparer le corps à l’avalanche calorique qui déferle au moment des fêtes ». En pratique, on allège son assiette pour être au top de sa forme au réveillon.

Préparer son foie

Entre l’alcool et les menus de fêtes, « le corps reçoit de manière inhabituelle des aliments très riches en graisses et en sucres, ce qui peut détraquer la flore intestinale, provoquer inconfort digestif et mini-crise de foie », note Raphaël Gruman. En prévention, il faut donc « préparer son tube digestif et sa flore intestinale, prescrit le nutritionniste, en augmentant son apport en fibres et en probiotiques ». Pour cela, on mise donc sur les fruits et légumes frais, sur les céréales complètes, riches en fibres. Mais aussi sur les yaourts, riches en probiotiques : « Les lactobacilles qu’ils contiennent renforcent la flore intestinale », indique Raphaël Gruman.

Le foie est lui aussi mis à rude épreuve pour Noël et la Saint-Sylvestre. Alors on lui offre un repos salvateur avant le début des festivités, « parce que tout ce que l’on mange ou boit passe par le foie, souligne-t-il. Il faut qu’il soit apte à traiter cet afflux de calories et de graisses ». Premier bon réflexe à adopter : « Commencer sa journée en buvant le jus d’un demi-citron pressé avec de l’eau tiède », conseille le nutritionniste. Autre recette pour nettoyer son foie : une cure de radis noir, frais ou en gélules.

On continue sur cette belle lancée en soignant son hydratation : « On boit sans modération eau minérale, thé vert et tisanes, qui vont favoriser le drainage de l’organisme », poursuit Raphaël Gruman. Les sodas sucrés ou édulcorés, eux, peuvent rester au placard.

Alléger son assiette

Côté assiette, on y va mollo sur le gras (ciao planche de charcuterie et fromage) et les sucres rapides bien sûr. Mais, plus surprenant, protéines animales et aliments contenant du gluten sont aussi à éviter durant une prétox. Cela favorise le repos de l’organisme, d’autant que « le gluten, même si l’on n’y est pas intolérant, favorise la rétention d’eau », précise le nutritionniste, mais aussi la très redoutée cellulite. « on peut remplacer la viande par des légumineuses ».

Dans la même lignée, « il faut éviter les produits transformés, préconise Elvire Nérin, ingénieure spécialiste de l’alimentation et coauteure deFaire le bon choix au supermarché (éd. Thierry Souccar). Manger trop gras, trop sucré est mauvais, mais il faut aussi tenir compte de la matrice de l’aliment lui-même, de son taux de transformation. Prenez une galette de riz : les grains ont été modifiés, chauffés, soufflés. Au final, on obtient un produit surtransformé qui n’a plus rien à voir avec l’aliment d’origine et qui présente un indice glycémique (IG) très élevé. Or un IG élevé entraîne un pic de glycémie, qui entraîne un pic d’insuline, qui lui-même pousse à manger ». A la clé : les sucres dans le sang sont directement stockés dans le corps (ventre, hanches, fesses), « mais aussi sous forme de graisse intra-abdominale, qui mène à l’obésité, au diabète et aux maladies cardio-vasculaires », avertit Elvire Nérin.

« On n’oublie pas de se faire plaisir »

On l’aura compris, la prétox repose sur des mesures de bon sens en favorisant une alimentation plus saine. Il est donc bénéfique de l’adopter au moment des fêtes et de s’en inspirer un peu au quotidien. En prévision des réveillons qui approchent, « on se sentira mieux et onlimitera la prise de poids qui accompagne souvent les fêtes », indique Raphaël Gruman, qui conseille de poursuivre la prétox entre les deux réveillons.

Mais les fêtes, c’est quand même d’abord un moment de convivialité, donc « on n’oublie pas de se faire plaisir », rappellent de concert le nutritionniste et la spécialiste de l’alimentation. Alors, on en profite, et on passe en mode détox à partir du 1er janvier.