Implants Essure: Comment fonctionne la contraception définitive?

SANTE FEMININE Ces méthodes s'adressent aux femmes qui ne souhaitent plus avoir d'enfants...

Anissa Boumediene
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Parmi les méthodes de contraception définitive, ou stérilisation, ce micro implant posé dans les trompes bloque le passage des spermatozoïdes.
Parmi les méthodes de contraception définitive, ou stérilisation, ce micro implant posé dans les trompes bloque le passage des spermatozoïdes. — Uncredited/AP/SIPA

Comment faire lorsqu’on est une femme et que l’on ne veut plus d’enfants ? Pas toujours facile, ou possible, pour des raisons médicales, de porter un stérilet ou prendre la pilule. Pour des milliers de femmes,la contraception définitive est alors la solution. Mais l’une des méthodes disponibles, l’implant tubaire, suscite la crainte. Les signalements d’effets secondaires probablement associés à ce dispositif sont de plus en plus nombreux, et une plainte collective vient d’être déposée, réclamant le retrait de cet implant du marché. Comment fonctionne-t-il ? Est-ce risqué ? Y a-t-il d’autres méthodes de contraception définitive ? 20 Minutes vous répond.

Comment fonctionne l’implant tubaire Essure ?

Proposé par les laboratoires Bayer Healthcare, Essure est un dispositif de contraception définitive et irréversible. « En pratique, cela ressemble à un petit ressort que l’on place dans les trompes, explique le Dr Michèle Scheffler, gynécologue et présidente de la  Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale (FNCGM). Il crée un mécanisme d’inflammation et de cicatrisation qui obstrue les trompes et bloque ainsi le passage des spermatozoïdes ».

Pour les femmes qui optent pour cette méthode de stérilisation, l’implant « doit être posé au sein d’une structure de soins, pas en cabinet, précise la gynécologue, le plus souvent sans anesthésie générale. Il est fréquent que les patientes ressentent des douleurs légères dans les jours suivants. Ensuite, il faut compter deux à trois mois avant que le dispositif fonctionne ».

Depuis sa mise sur le marché en 2001, plus d’un million de femmes dans le monde ont opté pour cette méthode, dont 120.000 rien qu’en France, selon le laboratoire.

Est-ce un dispositif dangereux pour la santé ?

« C’est une méthode qui existe depuis plusieurs années et convient à la grande majorité des femmes, déclare le Dr Scheffler, dont aucune des patientes ayant reçu ces implants ne s’est plainte. La balance bénéfices-risques de ce produit reste, à ce jour, positive. Mais il nous incombe, à nous praticiens, d’observer tout de même un principe de prudence et de rester en alerte ». Si l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ne condamne pas non plus le dispositif, elle a lancé en avril une étude visant à « évaluer la sécurité de l’implant Essure ».

Chez certaines femmes, l’implant Essure pourrait être à l’origine d’effets secondaires très lourds. Troubles hémorragiques, neurologiques, paralysie temporaire ou permanente, douleurs lombaires ou de la nuque et autres troubles ORL ont été ressentis par quelques patientes. Les signalements d’effets secondaires à propos de ces implants Essure sont passés « de 42 en 2012, à 242 en 2015 », puis 162 entre janvier et octobre 2016, indique l’ANSM, qui a placé ce dispositif « sous surveillance renforcée depuis deux ans ». Deux patientes viennent de déposer plainte contre les laboratoires Bayer Healthcare, qu’elles jugent responsables de leur calvaire. Pour leur avocat, Me Charles Joseph-Oudin, l’hypothèse de l’allergie au nickel qui entre dans la composition d’Essure pourrait être à l’origine de ces troubles. Des problèmes liés à la pose de l’implant pourraient aussi s’y ajouter. « Des problèmes de migration du produit ont pu être relevés », confirme Dr Michèle Scheffler.

Existe-t-il d’autres méthodes de contraception définitive ?

La « ligature des trompes », ou salpingectomie, « est une autre méthode de stérilisation définitive, indique le Dr Michèle Scheffler. Elle consiste à sectionner une, voire les deux trompes de Fallope. C’est une opération chirurgicale réalisée par coelioscopie et pratiquée sous anesthésie générale ».

Mais si la contraception repose très majoritairement sur les patientes, définitive n’est pourtant pas qu’une affaire de femmes. Assez boudée par les hommes, la déférentectomie, plus communément appelée vasectomie, est une méthode contraceptive qui consiste à couper le canal déférent de l’homme, et qui empêcher les spermatozoïdes de se mélanger au liquide spermatique.

Comment savoir pour quelle méthode de contraception opter ?

Qu’il s’agisse de la salpingectomie ou de l’implant Essure, « il est important de souligner que ces méthodes sont définitives et s’adressent par définition à des femmes qui ne veulent plus avoir d’enfants, qui ont connu des échecs avec les autres méthodes contraceptives, ou encore pour qui la pilule est contre-indiquée, insiste le Dr Scheffler. La consultation contraceptive, que la patiente veuille ou non une option définitive, doit être un moment où le gynécologue est entièrement à l’écoute de sa patiente, de ses attentes, de ses contraintes, tout en l’informant au mieux pour l’aider à trouver la meilleure méthode contraceptive qui lui correspond à un moment donné de sa vie ».