Déserts médicaux: 478 places supplémentaires dans 22 facultés pour pallier la pénurie de praticiens

SOCIETE Cela représente une hausse de 11 % du numerus clausus sur ces établissements, et de 6 % sur l’ensemble des facs…

20 Minutes avec agences

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La ministre de la Santé Marisol Touraine
La ministre de la Santé Marisol Touraine — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

478. C’est le nombre de places supplémentaires qui seront proposées dans 22 facultés de médecine pour pallier la pénurie de médecins. Cela représente « une augmentation de 11 % », a annoncé ce jeudi la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

La liste des établissements concernés sera publié « prochainement par arrêté », a indiqué le ministère. A noter que sur l’ensemble des facs, la hausse dépassera à peine 6 %. Cette mesure s’ajoute aux 131 places supplémentaires annoncées l’année dernière pour 10 régions en manque de médecins.

De « nouvelles règles de zonage » seront mises en place

Marisol Touraine a également promis dans l’hémicycle que « de nouvelles règles de zonage » se mettraient en place. Elle envisage aussi « des dispositions - nécessairement législatives -, qui permettront de traiter la situation des médecins qui n’ont pas soutenu leur thèse dans les temps et souhaitent exercer la médecine ».

Parallèlement au bilan, « dans les prochaines semaines », de la politique menée depuis le début du quinquennat, une mission parlementaire sur la démographie médicale « permettra de faire un point, et le cas échéant d’aller plus loin ».

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Attention à ne pas « sacrifier la qualité de la formation »

Contactées par l’AFP, les organisations professionnelles, étudiantes ou d’internes se montrent très réservées concernant l’augmentation du numerus clausus. Elles s’interrogent en particulier sur les conditions de mise en œuvre dans des facs aux « capacités déjà largement débordées », selon Claude Leicher, le président de MG France.

Il faudra pour cela augmenter le nombre d’enseignants et les possibilités de stages, prévient-il. Attention à ne pas « sacrifier la qualité de la formation », renchérit Antoine Oudin, le président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf).

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« Une annonce spectaculaire » ne tenant pas compte des « vraies problématiques ».

Jean-Paul Ortiz, le président du premier syndicat de médecins libéraux (CSMF) a de son côté fustigé « une annonce spectaculaire » ne tenant pas compte des « vraies problématiques ».

Augmenter le nombre de stages dans les cabinets de ville, mettre en place une politique d’accueil des nouveaux médecins, les aider à se loger sont autant de mesures dont les effets se ressentiront plus rapidement, estime de son côté Stéphane Bouxom, porte-parole de l’InterSyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG).