CHU de Nantes: Enquête ouverte après le décès suspect de trois patients

ENQUETE Marisol Touraine a saisi l’Inspection générale des affaires sociales sur le cas de plusieurs patients suivant une chimiothérapie pour un lymphome…

20 Minutes avec AFP

— 

Le CHU de Nantes
Le CHU de Nantes — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Des « complications graves » et des morts suspectes à l’hôpital. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a saisi jeudi l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) après le décès de trois patients traités par chimiothérapie au CHU de  Nantes.

Ces patients (ainsi qu’une quatrième personne toujours hospitalisée), atteints d’un lymphome, suivaient une cure de chimiothérapie intensive avec autogreffe. Ils ont reçu un traitement « comprenant le médicament cyclosphosphamide en remplacement du médicament melphalan généralement utilisé », précise dans un communiqué le ministère.

L’origine des complications reste à déterminer

L’Igas, « saisie en raison de la succession de ces cas », doit déterminer « les causes exactes de ces complications graves, ainsi que sur l’organisation, les moyens et les conditions de réalisation des chimiothérapies ».

« A ce stade, l’origine des complications n’est pas établie », ajoute le communiqué.

>> A lire aussi : Après l'accident de Rennes, des essais cliniques plus simples et plus sûrs

Les complications sont survenues « chez quatre patients adultes atteints de lymphome au CHU de Nantes entre le 10 et le 13 novembre » et « trois d’entre eux sont décédés le 10, le 12 et le 13 novembre ». « Le quatrième patient est toujours hospitalisé au CHU de Nantes ».

Le ministère précise avoir été informé jeudi de la survenue de complications chez les quatre patients traités entre le 10 et le 13 novembre.

Une enquête sur les médicaments

La décision des médecins du CHU de Nantes de recourir à la cyclosphosphamide plutôt qu’au melphalan, généralement utilisé pour traiter ce type de patients, a été motivée « par les tensions d’approvisionnement européennes sur le melphalan et par leur choix de réserver les lots dont ils disposaient au traitement des patients atteints de myélome, indication pour laquelle il n’y a pas d’alternative ».

Le traitement par cyclosphosphamide, souligne le ministère, « est validé par la communauté médicale » et il a été « utilisé pendant des années pour la prise en charge des lymphomes ».

Pas de complications ailleurs

« Il est actuellement utilisé par d’autres établissements en France, dans le même contexte, sans que de telles complications aient été rapportées », ajoute-t-il.

L’agence du médicament ANSM a de son côté lancé une enquête relative aux produits. Les premières conclusions de ces enquêtes sont attendues sous sept jours.