Grippe : Quand l’année de naissance influence la sévérité des symptômes

ETUDE La première infection par le virus détermine les réactions du système immunitaire pour le reste de la vie…

20 Minutes avec agence

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Grippe. (Illustration)
Grippe. (Illustration) — JACQUEMART / ISOPIX / SIPA

Notre résistance, ou non, à la grippe, dépendrait de notre année de naissance. En effet, selon une étude menée par des chercheurs américains et publiée dans la revue Science, la première infection par le virus détermine les réactions du système immunitaire pour le reste de la vie.

Tout est parti d’un constat. Sur la saison grippale 2015-2016, les plus jeunes ont été davantage touchés que les seniors. Pour tenter d’expliquer les causes de ce phénomène, les scientifiques se sont intéressés à deux souches grippales d’origine aviaire, H5N1 et H7N9, à l’origine d’infections sévères chez l’homme.

Tout dépend de la souche par laquelle le patient a été infecté la première fois

Ils ont alors observé que tous les sujets n’étaient pas égaux face aux complications engendrées par le virus. Et c’est précisément à ce stade que la nature de la souche par laquelle le patient a été infecté la première fois entre en piste.

Lorsqu’il est exposé à une première grippe, le système immunitaire développe en effet des anticorps contre une protéine du virus appelée l’hémagglutinine. C’est cette réaction qui déterminera ensuite la sévérité des symptômes.

Des différences entre les personnes nées avant 1960 et les autres

De manière très illustrée, « disons que vous avez été exposé à une grippe humaine qu’on qualifie de "sucette orange" quand vous étiez enfant. Si cette sucette orange resurgit au cours de l’existence, le risque de complications est considérablement réduit, car l’organisme sait déjà se défendre », explique Michael Worobey, coauteur de cette étude, cité par Pourquoi Docteur.

A l’inverse, « si vous avez d’abord été infecté par un virus du groupe des "sucettes bleues", vous ne serez pas protégés contre cette nouvelle souche ». Une explication schématique qui se reproduit parfaitement lorsqu’elle est appliquée aux virus H5N1 et H7N9.

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Ainsi, les personnes nées avant 1960 seraient davantage protégées contre H5N1, mais plus vulnérables face à H7N9. Le phénomène s’inverse pour les patients nés après 1960. Selon le site spécialisé, cette découverte pourrait notamment « fournir une aide précieuse en cas de pandémie de grippe aviaire. Les médecins sauront quelles populations vacciner en priorité, en fonction de leur année de naissance. »