VIDEO. Suisse: Des singes paralysés remarchent grâce à deux implants

RECHERCHE L'expérience réalisée en Suisse sur deux singes souffrant d’une lésion de la moelle épinière est une première...

20 Minutes avec agences

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Un macaque rhésus.
Un macaque rhésus. — Brennan Linsley/AP/SIPA

Pour la première fois, des singes partiellement paralysés ont pu remarcher grâce à un système composé de deux implants, conçu en Suisse. Les résultats de cette expérience ont été  publiés mercredi dans la revue Nature.

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En juin 2015, deux macaques rhésus souffrant d’une lésion de la moelle épinière ont bénéficié d’un système appelé « interface cerveau-moelle épinière », composé de deux implants reliés entre eux par un système sans fil.

Des résultats visibles une semaine après la pose des implants

L’un des implants est fixé dans le cerveau et sert à enregistrer et décoder les intentions motrices, et l’autre est fixé sous la lésion et transmet les mouvements commandés par le cerveau.

Bilan : l’un des singes a retrouvé une partie de l’usage de sa patte paralysée dès la première semaine suivant la pose des implants, sans aucune thérapie. Le deuxième singe a, lui, eu besoin de deux semaines pour arriver au même résultat.

Bientôt une application aux patients paralysés ?

« Le lien entre le décodage du cerveau et la stimulation de la moelle épinière - de manière à ce que cette communication existe - est complètement nouveau », estime la neurochirurgienne Jocelyne Bloch, de l’hôpital universitaire de Lausanne.

« Pour la première fois, je peux m’imaginer un patient complètement paralysé être capable de remuer ses jambes grâce à l’interface cerveau-moëlle épinière. »

Une étude de faisabilité chez l’Homme a débuté

Dans la foulée de cette première sur les singes, une étude clinique de faisabilité a d’ailleurs commencé à l’hôpital universitaire de Lausanne (CHUV) afin de tester ce système chez les personnes atteintes d’une lésion de la moelle épinière.

Le système a été conçu à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et développé avec un réseau international incluant la société suisse Medtronic, spécialisée dans les technologies médicales, la Brown University (Etats-Unis) et l’institut de recherche Frauenhofer ICT-IMM (Allemagne).

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