Une première prothèse en céramique chargée d'antibiotiques posée avec succès

ETUDE A terme, cette technique vise à soigner des infections et des métastases osseuses...

20 Minutes avec agence
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Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire.
Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire. — 20 MINUTES/SIPA

L’opération s’est déroulée en juin dernier au CHU de Limoges et a été un véritable succès. Pour la première fois un implant en céramique contenant un antibiotique a été posé sur un patient souffrant d’une grave infection au sternum.

Choc septique et plusieurs arrêts cardiaques

Diabétique, l’homme âgé de 68 ans avait souffert de multiples complications à la suite d’un quadruple pontage coronarien. L’opération avait nécessité une découpe du sternum et occasionné une médiastinite (infection du médiastin situé à l’arrière du sternum). Hospitalisé durant dix mois avec une plaie ouverte au thorax, le patient avait dû à plusieurs reprises repasser par la case « réanimation », à la suite notamment d’un choc septique et de plusieurs arrêts cardiaques.

« 2 à 4 % des patients subissant une opération cardio-vasculaire font une ostéite : leur sternum s’infecte. L’os est un tissu mal vascularisé, et si l’on donne des antibiotiques au patient ils se diffusent peu dans l’os, qui a du mal à se régénérer. Dans certains cas très graves, il y a une destruction complète du sternum », a expliqué au Figaro le Dr François Bertin du Service de chirurgie cardiaque, thoracique et vasculaire.

 

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Une prothèse « poreuse, un peu comme une biscotte »

Le chirurgien explique alors avoir eu l’idée de poser de cette prothèse en céramique chargée en antibiotique conçue par la société I.Ceram. Une prothèse « poreuse, un peu comme une biscotte » que l’os va « coloniser progressivement », dixit le Dr Bertin.

Du côté de la société I.Ceram, on explique que le dispositif chargé avec de la gentamicine, un antibiotique couramment utilisé en orthopédie, permet « un relargage intégral et local de l’antibiotique au moment de l’implantation et jusqu’à quatre jours après l’opération ». Résultat : Le patient était cicatrisé au bout de trois semaines, n’a eu aucune complication infectieuse et a pu quitter le CHU vingt jours après l’intervention.

Soigner des infections et des métastases osseuses

Fort de ce succès, le CHU de Limoges a démarré un essai clinique et un autre patient a été opéré la semaine dernière. « Dix-sept patients seront opérés en France avant publication des résultats », a confié le Dr Bertin au Figaro

A terme, cette technique vise à soigner des infections et des métastases osseuses, ceci alors que, selon I.Ceram, « les études estiment à plusieurs centaines de milliers, le nombre de patients atteints de ces pathologies chaque année dans le monde ».