La turista est la pathologie la plus fréquente chez les voyageurs

SANTE Notre questions-réponses pour que vos vacances restent des vacances…

A.S

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Des rouleaux de papier toilette
Des rouleaux de papier toilette — Sipa

La turista reste la pathologie la plus fréquente des voyageurs, devant les infections respiratoires et les affections dermatologiques, selon une étude présentée jeudi dans le cadre du congrès du réseau Afat Voyages.
    
5% des touristes consultent un médecin pendant leur séjour ou à leur retour, et dans 50% des cas, le motif de leur visite est la diarrhée. Dans 5% des cas, la consultation débouche sur une hospitalisation. Le risque de décès est minime: il est de 1 sur 100.000 par mois de séjour dans le cadre du tourisme de loisirs, et de 1 sur 10.000 pour les voyages humanitaires.
    
Mais qu'est-ce que la turista exactement?
 
Appelée également «diarrhée des voyageurs», elle se contracte à l'étranger, généralement dans des pays en voie de développement, après la consommation de boissons ou d'aliments contaminés.  Elle peut être d'origine bactérienne, parasitaire ou virale. Contrairement à une idée reçue, elle n'est pas provoquée par les épices ou le «changement d'air». Mais elle peut sévèrement gâcher le plaisir du dépaysement.
 
Quels en sont les symptômes?
 
Le principal est une forte diarrhée (3 à 4 selles liquides par jour), qui s'accompagne souvent de maux de ventres, de nausées, voire de vomissements et de fièvre. La turista se guérit toute seule en quatre à sept jours.
 
Que faire quand on est atteint?
 
Un impératif: boire beaucoup pour compenser l'eau perdue dans les selles. L'objectif est de ne pas se déshydrater, d'autant plus que la turista se contracte souvent dans des zones où la chaleur est forte. Il est recommandé de boire du Coca-Cola, facilement disponible. Côté médicaments, un anti-diarrhéique est utile à condition qu'il n'y ait ni fièvre ni sang dans les selles: lopéramide ou Imodium, Acétorphan ou Tiorfan. Utile également, un pansement intestinal (Smecta, Actapulgite), des antispasmodiques en cas de douleurs abdominales (Spasfon Lyoc), des antiémétiques en cas de vomissements (Primpéran, Vogalène).
 
Comment éviter la turista?
 
Une maxime résume le comportement à suivre: «boil it, cook it, peel it or forget it» («il faut le faire bouillir, le cuire, l'éplucher, ou l'oublier»). Nos conseils plus détaillés:
 
-Se laver les mains au savon fréquemment.
-Ne pas avaler l'eau utilisée pour le brossage des dents ou pour la douche.
-Boire de l'eau en bouteille capsulée (et ouverte devant soi) ou de l'eau désinfectée avec des produits spéciaux. Mieux vaut éviter les glaçons (et les glaces) qui proviennent de l'eau du robinet.
-Consommer des aliments cuits récemment ou des aliments bouillants. Les aliments cuits conservés à température ambiante pendant plus de 4 à 5 heures sont à éviter.
-Eviter les aliments crus, sauf les fruits et les légumes qui sont à peler.
-Eviter les crudités et les salades.
-Ne pas absorber de laitages et de beurres crus non pasteurisés.
-Ne pas manger de viande hachée et ne consommer que des viandes bien cuites, sans sauce. Mieux vaut cibler le poulet et le mouton.
-Eviter les crustacés d'eau douce crus, les coquillages, les huîtres et les fruits de mer.
 
Une diarrhée ou une fièvre à l'étranger sont-elles forcément une turista?
 
Non, si vous avez des glaires ou du sang dans les selles, mieux vaut consulter un médecin. En cas de fièvre dans une zone où existe le paludisme, il faut vérifier auprès d'un médecin que ce n'est pas de cette maladie dangereuse que vous êtes atteint.
 
Le petit plus malin?
 
Emporter du papier toilettes avec soi dans les bagages. Un bien parfois précieux à l'étranger.