Semaine de la santé auditive au travail: 50% des actifs sont gênés par un «niveau sonore trop élevé»

EMPLOI L’association Journée nationale de l’Audition veut convaincre les dirigeants et la médecine du travail de mieux considérer et limiter «les impacts auditifs en entreprise»...

20 Minutes avec agence

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Dans le bruit assourdissant des métiers à tisser, les 94 employés de l'usine s'activent au milieu d'immenses bobines de fer qui gisent à leurs pieds
Dans le bruit assourdissant des métiers à tisser, les 94 employés de l'usine s'activent au milieu d'immenses bobines de fer qui gisent à leurs pieds — Andy Buchanan AFP

Travaux, discussions de voisins de bureau, circulation, musique, bruits de machines, de claviers ou d’imprimantes… Un actif sur deux s’avoue gêné par un « niveau sonore trop élevé au travail » et, pour y remédier, quatre salariés sur dix portent des protections individuelles contre le bruit.

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« Près de 60 % des salariés n’ont jamais bénéficié de bilan auditif »

Tels sont les résultats d’un sondage publié par l’association Journée nationale de l’Audition (JNA) à l’occasion de la 43e semaine européenne de la Santé auditive au travail (du 24 au 28 octobre). On y apprend également que contrairement aux idées reçues, les secteurs du « BTP et des industries de la métallurgie » ne sont pas les seuls concernés, ainsi « près de 8 actifs sur 10 travaillant dans le secteur tertiaire se disent eux aussi impactés ».

Chiffres à l’appui et alors que « près de 60 % des salariés n’ont jamais bénéficié de bilan auditif », JNA va donc s’atteler à, dit-elle sur son site Internet, convaincre les dirigeants et la médecine du travail de mieux considérer et limiter « les impacts auditifs en entreprise, facteur clé de succès dans les démarches de bien-être du salarié » et liés la performance dans l’entreprise.

Outre la prévention des risques de surdité, la JNA va insister sur le repérage de la fatigue auditive qui, dans le cas où l’oreille reste soumise à exposition, même en dehors du temps de travail, « va engendrer au fil du temps une usure prématurée de ses cellules sensorielles ».

Un actif sur cinq perdrait plus de 30 minutes de productivité par jour

Ceci sans oublier les effets extra-auditifs que sont la nervosité ou la perte de vigilance. Autant de risques psychosociaux souvent sous-évalués, selon JNA, et pourtant sources de d’accidents de travail ou de pertes de productivité.

Pas faux, puisque selon une autre enquête IFOP-JNA datant du début de l’année et remise sur le devant de la scène par JNA, sept salariés sur dix éprouveraient des maux de tête liés au bruit et un actif sur cinq en poste perdrait plus de trente minutes de productivité par jour à cause du bruit.