Perturbateurs endocriniens: Un coût annuel de 340 milliards de dollars aux Etats-Unis

ECONOMIE L'impact économique de l'exposition des Américains aux perturbateurs endocriniens est plus important qu'en Europe, où la réglementation est plus stricte...

20 Minutes avec agences

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Un scientifique tient une bouteille contenant du bisphénol A
Un scientifique tient une bouteille contenant du bisphénol A — Remy Gabalda AFP

340 milliards de dollars, soit 2,33 % du Produit intérieur brut (PIB) américain. C’est le coût annuel que représenterait l’exposition aux produits contenant des perturbateurs endocriniens aux Etats-Unis.

Les substances présentes notamment dans certains plastiques, pesticides, contenants alimentaires ou jouets auraient en effet un impact négatif direct et indirect plus important sur la situation sanitaire et économique outre-Atlantique qu’en Europe, où le coût est évalué à 217 milliards de dollars (197 milliards d’euros).

Des différences de réglementations

L’estimation a été réalisée par des chercheurs du centre médical Langone de New York (Etats-Unis) et publiée ce mardi dans la revue scientifique The Lancet Diabetes & Endocrinology.

Les spécialistes estiment que l’écart entre Europe et Etats-Unis viendrait en grande partie des différences de réglementations en matière de PBDE (pour polybromodiphényléthers), des matières ignifuges reconnues comme perturbateurs endocriniens.

Un fléau pour le quotient intellectuel

Ces « retardateurs de flamme », dont l’utilisation est plus strictement encadrée dans l’Union européenne, généreraient à eux seuls un coût sanitaire de 200 milliards de dollars aux Etats-Unis, soit deux tiers du total estimé par les spécialistes, contre 100 milliards en Europe.

En outre, l’étude avance que l’exposition aux PBDE aurait entraîné la perte de 11 millions de points de quotient intellectuel (QI) ainsi que 43.000 cas de retard intellectuel. Les pesticides auraient quant à eux généré la disparition de 1,8 million de points de QI et 7.500 cas de retard intellectuel.

Diabète, infertilité, autisme…

Selon Teresa Attina, l’un des auteurs de l’étude, chaque point perdu de QI correspond à une réduction d’environ 2 % de la productivité, soit une perte de revenus de 20.000 dollars, « ce qui permet d’estimer le coût économique pour la société ».

Plus généralement, en mesurant l’impact de l’ensemble des perturbateurs endocriniens, y compris des phtalates et du bisphénol A, les chercheurs sont également parvenus à 245.000 cas de diabète, 240.000 cas d’infertilité masculine, 10.000 décès prématurés dus à des maladies cardiovasculaires, 1.500 cas d’autisme et 4.400 cas de TDAH (trouble du déficit de l’attention) aux Etats-Unis.

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Face à ce constat et dans l’attente d’une évolution des réglementations, quelques mesures « simples » peuvent être adoptées, selon Teresa Attina. Par exemple, laver à la main plutôt qu’au lave-vaisselle les récipients en plastique ou recouverts d’une pellicule de plastique, ou encore ne plus réchauffer au micro-ondes la nourriture placée dans ce type de contenant.