Longévité: Pourquoi le record de Jeanne Calment pourrait ne jamais être battu

ETUDE Si l’espérance de vie n’a cessé d’augmenter au cours du XXe siècle, la durée maximale de la vie humaine pourrait déjà avoir été atteinte, selon des experts américains…

20 Minutes avec agences

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Jeanne Calment, la doyenne arlésienne de l'humanité, pose pour les photographes dans sa maison de retraite, le 20 février 1997 à Arles, à la veille de son 122ème anniversaire
Jeanne Calment, la doyenne arlésienne de l'humanité, pose pour les photographes dans sa maison de retraite, le 20 février 1997 à Arles, à la veille de son 122ème anniversaire — GEORGES GOBET / AFP

Voilà une étude qui pourrait sonner la fin de la course aux records de longévité. En effet, si l’espérance de vie n’a cessé d’augmenter au cours du XXe siècle, la durée maximale de la vie humaine pourrait déjà avoir été atteinte.

En somme, « de nouveaux progrès dans la lutte contre les maladies infectieuses et chroniques pourraient encore augmenter l’espérance de vie moyenne de la population mais pas la durée maximale de la vie » relève le Dr Jan Vijg, qui a dirigé une équipe de chercheurs américains dans le cadre d’une étude publiée mercredi dans la revue scientifique britannique Nature.

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La durée maximale de vie soumise « à des contraintes naturelles »

Ces experts se sont penchés sur l’âge maximal atteint dans une quarantaine de pays. En étudiant les « super-centenaires » (personnes de plus de 110 ans) dans quatre d’entre eux (France, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis), ils ont découvert que l’âge maximum au décès avait augmenté rapidement entre 1970 et 1990, avant d’atteindre un plateau en 1995.

Après cette date, l’âge maximum au décès a commencé à baisser légèrement, de l’ordre de 0,38 an chaque année entre 1995 et 2006. « Nos résultats suggèrent fortement que la durée maximale de vie des êtres humains est fixe et soumise à des contraintes naturelles », soulignent ainsi les chercheurs, reconnaissant tout de même que leurs travaux ne « prouvent pas » cette théorie.

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Des chances de « moins d’1 sur 10.000 » de vivre jusqu’à 125 ans

Ainsi, depuis le décès de Jeanne Calment, décédée en 1997 à l’âge de 122 ans, « les doyens de l’humanité sont morts aux environs de 115 ans et nous prédisons que cela ne devrait pas changer dans un avenir prévisible », a expliqué à l’AFP Brandon Milholland, l’un des auteurs de l’étude.

S’il n’exclut pas que quelqu’un puisse vivre plus longtemps, il estime que les chances qu’un humain vive jusqu’à 125 ans sont quasi inexistantes, avec une « probabilité de moins d’1 sur 10.000 ».

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Pour étendre la longévité humaine au-delà de la limite des 125 ans, Jan Vijg ajoute de son côté qu’il faudrait des « avancées thérapeutiques » capables de « maîtriser les nombreux variants génétiques qui semblent déterminer collectivement la durée de vie humaine ».