Maltraitance médicale, toxoplasmose, stérilisation... Cinq informations à retenir du dernier livre de Martin Winckler

SANTE Dans «Les Brutes en blanc», Martin Winckler trace un panorama des mauvaises pratiques, mais dévoile également quelques chiffres intéressants...

Oihana Gabriel

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Portrait de Martin Winckler, écrivain et ancien médecin, auteur de «Les Brutes en Blanc».
Portrait de Martin Winckler, écrivain et ancien médecin, auteur de «Les Brutes en Blanc». — Witti de Tera / Gallimard / Opale / Flammarion

Remettre le patient au centre. Martin Winckler, célèbre romancier et ancien médecin généraliste livre dans son dernier ouvrage Les Brutes en blanc (Flammarion), paru ce mercredi, un tableau impressionnant des mauvaises pratiques des soignants. L’une des solutions ? Contester les affirmations, jugements et remèdes des praticiens. Mais pour mieux se défendre, les citoyens doivent avoir quelques repères et informations fiables. Voici quelques chiffres (parfois étonnants) et définitions à retenir de ce panorama varié de la médecine.

Retrouvez notre interview de Martin Winckler: «La médecine, c’est 80% de relationnel»

Comment définir la maltraitance d’un médecin ?

Dérapage, mot malheureux ou violence ? Difficile de dire si la façon dont un gynécologue, un cancérologue ou tout autre soignant vous considère relève de la simple maladresse ou d’une véritable maltraitance. Martin Winckler donne une définition précise de ce qu’il entend par ce terme : « Ce qui signe la maltraitance, c’est la répétition des brutalités par un médecin qui trouve ça normal. » Et pour l’ancien généraliste, aujourd’hui enseignant au Canada, ces mauvais réflexes semblent courants. « On ne peut pas forcer un médecin à faire quelque chose, se faire poser un stérilet par exemple. Mais on peut lui interdire de faire quelque chose », souligne Martin Winckler pour 20 Minutes. Avec une anecdote qui l’a particulièrement marqué : une patiente s’est réveillée après une troisième césarienne et son mari lui annonce que pendant qu’elle dormait, le médecin lui a ligaturé les trompes. « C’est ce genre d’histoires qui m’a motivé à écrire ce livre », tempète l’ancien généraliste. Et l’auteur de donner quelques conseils en cas de maltraitance : « Vous êtes en droit de demander au médecin d’y mettre fin immédiatement. S’il refuse, levez-vous, rhabillez-vous, sortez immédiatement et partez sans payer. Autre parade : écrire une lettre au médecin en question en précisant le déroulé de la consultation. Et dans le pire des cas, l’auteur encourage les patients à porter plainte.

L’épisiotomie, c’est automatique ?

Non. Martin Winckler avance des chiffres parlants : sa fréquence est de 1 % en Suède, de 15 % en Angleterre… et de 30 % en France. Avec de grandes variations selon les maternités. Selon l’ancien généraliste, qui cite l’OMS, les déchirures sont rarement graves lorsque l’expulsion est contrôlée manuellement. Et côté droit, un médecin ne peut pas pratiquer une épisiotomie sur une patiente qui l’a expressément refusé. Encore faut-il qu’on lui demande son avis…

Quels sont les vrais risques d’attraper toxoplasmose et listériose pour les femmes enceintes ?

Voilà un chiffre qui relativise le risque de perdre son bébé pour une tranche de saucisson. Toutes les femmes de France (ou presque) sont vivement encouragées à oublier fromage au lait cru, saumon frais et salades mal lavées pendant neuf mois, car certains aliments peuvent transmettre la toxoplasmose, qui peut provoquer notamment des lésions oculaires chez le bébé, et la listériose, qui peut provoquer des fausses couches. Mais Martin Winckler rappelle que la France compte 50 cas de listériose par an chez les femmes enceintes sur 800.000 naissances. Quant à la toxoplasmose, sur les 300 cas annuels, 70 % des fœtus ne sont pas contaminés… Ce qui explique que cette interdiction ne soit pas appliquée chez nos pays voisins.

La fécondité baisse à quel âge ?

« A 35 ans, vous n’avez toujours pas d’enfant ? » Combien de femmes se sont vues critiquées par des médecins soucieux de leur fécondité ? Selon le rapport Léridon publié en 2010 par l’Institut national d’études démographiques : 17 % des femmes de 35 ans ne parviendront plus à avoir un enfant, à 40 ans la proportion passe à 33 %.

Quels sont mes droits sur la stérilisation ?

Bien des patients qui demandaient une stérilisation ont essuyé un refus. C’est en tout cas le ressenti de Martin Winckler qui a collectionné les témoignages de patients pendant sa pratique et sur son blog Winckler’s Webzine. Pourtant, depuis la loi du 4 juillet 2001, « toute personne majeure peut se faire stériliser volontairement », rappelle l’écrivain. A condition tout de même d’avoir été informé des risques médicaux et de respecter un délai de réflexion de quatre mois. Si le médecin n’est pas obligé de pratiquer une ligature des trompes ou une vasectomie, il doit informer le patient dès la première consultation de sa décision.