Hôpital: La ministre dévoile un plan pour la sécurité des soignants

SECURITE Marisol Touraine, la ministre de la Santé, présente lundi des mesures pour améliorer la sécurité des soignants, souvent agressés et en première ligne en cas d’attentat…

Oihana Gabriel

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la ministre de la Santé, Marisol Touraine dévoile lundi 3 octobre 2016 un plan pour améliorer la sécurité des soignants à l'hôpital.
la ministre de la Santé, Marisol Touraine dévoile lundi 3 octobre 2016 un plan pour améliorer la sécurité des soignants à l'hôpital. — SIPA

La ministre au chevet des soignants. Marisol Touraine, ministre de la Santé, rencontre ce lundi les principales fédérations hospitalières pour leur présenter un plan pour que le personnel soignant puisse exercer son métier en toute sécurité. Car les conditions de travail des médecins, en particulier aux urgences, semblent s’être dégradées ces dernières années. Mardi 13 septembre, un médecin des urgences à l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) avait été très violemment agressé. Le frère d’un patient, mécontent d’attendre, lui avait fracturé les deux mains. Un nouveau faits divers qui met en lumière l’insécurité croissante des soignants.

Violences quotidiennes et risque d’attentat

Selon le dernier bilan de l’observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), en 2014, il y a eu 14.502 signalements d’atteintes aux personnes et aux biens, soit 16 % de plus qu’en 2013. Et les urgences sont la cible de 15 % de ces agressions. Toujours selon ce rapport, les agressions verbales y sont quotidiennes, les agressions physiques nombreuses. Mais cette insécurité des soignants maltraités par les patients se double du risque d’attentat dans le contexte actuel.

« Penser la sécurisation des établissements de santé face au risque d’attentat ou face aux violences qui s’exercent au premier chef contre les professionnels de santé, c’est réfléchir à un équilibre entre la nécessité de sécuriser les établissements d’une part et, d’autre part, de faire en sorte que les établissements restent un lieu accessible à tous », a déclaré Marisol Touraine lors de cette rencontre avec les fédérations hospitalières.

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Six mesures pour plus de sécurité

Et la ministre dévoile six mesures pour améliorer la sécurité de ces soignants. Des moyens financiers tout d’abord : 75 millions d’euros seront investis sur les trois prochaines années, soit 25 millions d’euros par an, pour équiper les établissements en caméra de vidéosurveillance ou pour sécuriser les accès. Une décision qui devrait répondre à l’attente de la Fédération hospitalière de France (FHF) : son président Frédéric Valletoux avait demandé la création d’un « fonds pour la sécurisation des hôpitaux » pour que les établissements s’équipent de caméra et puissent renforcer les « contrôles d’accès ». Par ailleurs, chaque établissement devra élaborer un plan de sécurité d’établissement (PSE) pour traiter les questions de sécurité.

Mais les patients devront également participer à l’effort : des formations seront proposées à la fois aux professionnels et aux usagers du système de santé en matière de vigilance, de prévention et de réaction face à une menace d’attentat, mais aussi face aux violences.

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Pour mieux déterminer les zones où les soignants rencontrent le plus de difficulté, les Agences régionales de santé (ARS) devront établir une carte des sites à protéger en priorité et coordonner les actions. En cas d’attentat, la ministre prévoit un renforcement de la protection des établissements avec des patrouilles mobiles « Vigipirate - Sentinelle » sur les sites les plus sensibles afin de prévenir les risques de sur-attentat. D’autre part les effectifs seraient immédiatement renforcés dans les hôpitaux qui accueilleraient les victimes.

Dernier pan du plan : la sécurité informatique. Mais la ministre dévoilera dans un deuxième temps des mesures spécifiques pour éviter les cyberattaques qui pourraient viser les hôpitaux.