Le gouvernement s'engage à améliorer la lutte contre la maladie de Lyme

SANTE Marisol Touraine a présenté ce jeudi son plan pour améliorer la prise en charge et le diagnostic de la maladie de Lyme...

Anissa Boumediene

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Les tiques, insectes qui transmettent la maladie de Lyme, peuvent mesurer d'un à six millimètres.
Les tiques, insectes qui transmettent la maladie de Lyme, peuvent mesurer d'un à six millimètres. — California Department of Public Health / Flickr

Le gouvernement a dévoilé jeudi son plan national pour « améliorer » le diagnostic et la prise en charge de la maladie de Lyme, cette pathologie transmise par la tique et qui reste difficile à détecter dans ses formes tardives.

Améliorer le diagnostic et la prise en charge

Chaque année, 27.000 nouveaux cas de borrélioses de Lyme sont officiellement déclarés, mais la pathologie serait largement sous-diagnostiquée et selon l’association de malades en colère  Lyme sans frontières, ce chiffre serait « dix fois » supérieur, laissant des milliers de malades seuls face à la maladie. Une problématique entendue par la ministre de la Santé. « Ce plan vise à éviter le sentiment d’abandon et l’errance thérapeutique auxquels sont confrontés des malades de Lyme », a expliqué Marisol Touraine.

De nombreuses associations critiquent en effet la prise en charge insuffisante de cette pathologie infectieuse, évoquant de nombreux malades « non diagnostiqués ou mal soignés ». La prise en charge des patients sera donc uniformisée, avec la mise en place d’un protocole national de diagnostic et de soin et la désignation de centres spécialisés dans chaque région.

« Plus on traite tôt et mieux on guérit de la maladie de Lyme, indique le Pr Christian Perronne, chef de service en infectiologie à l’hôpital universitaire Henri-Poincaré à Garches et spécialiste de la maladie de Lyme. J’ai récupéré des patients en service de psychiatrie. Car faute d’avoir été diagnostiquée, la pathologie évolue et les formes tardives de la maladie impactent fortement la qualité de vie des malades, causant maux de tête, rougeurs ou encore douleurs articulaires », dénonce-t-il, pointant « le manque de fiabilité des tests de diagnostic » disponibles sur le marché français. Mis sur le coup, l’Institut Pasteur est chargé d’en développer de nouveaux.

Informer le grand public et former les médecins

Mais aujourd’hui encore, peu de médecins savent reconnaître la maladie et proposer un traitement adapté. C’est pourquoi le plan prévoit de mieux former les professionnels de santé. « Souvent les traitements prescrits sont trop courts », déplore le Pr Perronne, qui milite « pour des traitements antibiotiques plus longs que ceux prescrits aujourd’hui ».

Transmise via une morsure de tique infectée par une bactérie, la maladie de Lyme s’est développée en même temps que la prolifération des tiques. « Elles ont peu de prédateurs naturels, et l’augmentation des surfaces forestières et les conditions climatiques favorables, avec des hivers doux, ont favorisé leur multiplication », détaille Muriel Vayssier, responsable de l’équipe Vectotiq (Ecologie des agents pathogènes transmis par les tiques) et directrice de recherche à l’Inra, à l’occasion d’une séance dédiée à la maladie de Lyme il y a quelques jours à l’Académie de médecine. D’où la nécessité de sensibiliser le grand public aux dangers liés aux tiques. Le plan prévoit ainsi d’informer les promeneurs en forêt.