VIDEO. Médicaments génériques: Malgré les résultats satisfaisants, les préjugés perdurent

SANTE Marisol Touraine a lancé ce mardi une grande campagne pour vanter les mérites des génériques, adoptés mais mal connus du grand public…

Oihana Gabriel

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Marisol Touraine, Ministre de la Santé a détaillé mardi 27 septembre son plan de campagne d'information sur les génériques.
Marisol Touraine, Ministre de la Santé a détaillé mardi 27 septembre son plan de campagne d'information sur les génériques. — SIPA

Les génériques (à la différence des antibiotiques) voudraient devenir automatiques. C’est en tout cas l’objectif de la ministre de la Santé Marisol Touraine qui lance ce mardi une grande campagne d’information pour que les Français adoptent totalement les génériques.

Affiches sur les pharmacies, mémos pratiques à destination des généralistes, un spot télévision diffusé jusqu’au 18 octobre et bien sûr une campagne internet visent à rassurer les Français sur ces médicaments.

Voici le spot publicitaire qui sera diffusé sur les chaînes de la TNT.

 

Les génériques s’imposent

« Il y a encore trop de citoyens, de professionnels de santé qui continuent à s’interroger sur les génériques, qui sont des médicaments tout court !, martèle Marisol Touraine ce mardi devant la presse. Nous restons derrière nos voisins européens. » En effet, en 2013 au Royaume-Uni, les médecins prescrivaient 48 % de génériques, en Allemagne 51 %, au Pays-Bas 63 %. En France, on atteignait 36 % en 2011, 44 % en 2015. L’objectif de la ministre est d’atteindre 50 % d’ici trois ans.

Pourtant, les génériques font désormais partie de notre quotidien. Selon une enquête BVA de février 2016, 8 Français sur 10 utilisent des génériques. Et 93 % des utilisateurs en sont satisfaits.

Et les pharmaciens, porte d’entrée importante puisqu’ils peuvent remplacer un médicament de référence prescris par un générique sont les grands avocats de ces génériques : 99 % d’entre eux en sont satisfaits.

Manque de confiance

Alors pourquoi lancer une campagne ? Car les préjugés perdurent. En effet, le grand public fait peu confiance à ces médicaments génériques (6,8/10). Pire, les médecins sont encore plus prudents (6,6/10). « En même temps quand ils se soignent, ils prennent des génériques, cherchez l’erreur ! », ironise la ministre de la Santé. En effet, 82 % des généralistes choisissent des génériques quand ils sont malades.

« Ce hiatus s’explique par un manque de connaissance », analyse Odile Peixoto de l’agence BVA. En effet, seulement 48 % des personnes interrogées savent que les excipients n’ont pas d’impact sur la capacité et 47 % des Français savent que les génériques permettent de soigner des maladies graves comme le cancer.

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Pourquoi vanter les bienfaits des génériques

Or, spots radio et télé et affiches vont marteler un message : les génériques sont aussi sûrs que les autres médicaments. Des petits spots sur le site du ministère répondront aux questions. Pour rassurer : ils sont étudiés pendant 10 ans, testés pendant 10 ans et contrôlés avec la même exigence que n’importe quel médicament. Ensuite parce que si la forme ou la couleur du cachet diffère, le générique contient la même molécule, aussi efficace et rapide que celle de votre pilule de référence. Avec l’espoir d’encourager le réflexe citoyen de demander à son médecin ou pharmacien un générique. Car derrière les rappels et explications se cache un chiffre important : les génériques ont permis de faire 7 milliards d’économie en cinq ans. Car leur prix est en moyenne inférieur de 30 % aux médicaments de référence. Dans une période où la priorité reste de boucher le trou de la sécurité sociale, le ministère a tout intérêt à voir se multiplier ces génériques.

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