La ville de Zengzhou en Chine sous la pollution le 6 novembre 2009
La ville de Zengzhou en Chine sous la pollution le 6 novembre 2009 — Peter Parks AFP

ETUDE

VIDEO. La pollution de l'air est responsable d'un décès sur dix dans le monde

La pollution atmosphérique ambiante est devenue le 4e facteur de décès prématuré et tue six fois plus que le paludisme...

La pollution de l’air ambiant a tué 2,9 millions de personnes en 2013. Si l’on y ajoute les effets de la pollution dans les foyers, notamment ceux de l’utilisation de combustibles solides pour se chauffer et cuisiner, le nombre de morts s’élève à 5,5 millions.

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87 % de la population est plus ou moins exposée à cette pollution

Les maladies causées par la pollution de l’air (maladies cardiovasculaires, cancers des poumons, maladies pulmonaires chroniques, infections respiratoires) sont donc responsables d’un décès sur dix dans le monde, soit six fois plus que le paludisme.

Dans un rapport rendu ce jeudi, la Banque mondiale assure que quelque 87 % de la population sur la planète est plus ou moins exposée à cette pollution qui est devenue le 4e facteur de décès prématuré dans le monde.

 

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Des pertes de revenus du travail chiffrées à environ 225 milliards de dollars

Ainsi, l’Asie de l’Est compte 2,2 millions de décès dus à la pollution extérieure (air ambiant) comme intérieure (pollution du foyer), suivie par l’Asie du Sud (1,8 million), puis l’Afrique sub-saharienne (605.000). En Europe et l’Asie centrale, un demi-million de personnes meurent à cause de la pollution, et 100.000 aux Etats-Unis.

Pour ce qui est de la France, une récente étude menée par Santé Publique France et publiée en juin avait établi que la pollution de l’air y était responsable de 48.000 décès par an, dont les deux tiers étaient évitables.

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Et ces pertes en vies humaines sont aussi synonymes de manques à gagner en termes de revenus et d’entraves au développement économique. Selon les calculs de la Banque mondiale, les pertes de revenus du travail imputables à ces décès se sont chiffrées à environ 225 milliards de dollars en 2013. Plus largement, cette pollution provoquerait des pertes en termes de bien-être totalisant 5.110 milliards de dollars. En Asie de l’Est et du Sud, ces « pertes de bien-être » pèsent l’équivalent de 7,5 % du Produit intérieur Brut (PIB) de ces régions.

Des particules issues de la pollution atmosphérique retrouvées dans le cerveau

« La pollution atmosphérique a pour conséquences de menacer le bien-être des populations, de porter atteinte au capital naturel et matériel et de limiter la croissance économique », affirme Laura Tuck, vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable.

A noter qu’une étude publiée lundi dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) vient de prouver que de minuscules particules de magnétite, probablement issues de la pollution atmosphérique, avaient été retrouvées dans le cerveau. Ces chercheurs basés au Royaume-Uni, au Mexique et aux Etats-Unis estiment que ces nanoparticules pourraient jouer un rôle dans le développement de maladies neuro-dégénératives telles qu’Alzheimer.

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