Alcool: Le sport au quotidien diminue le «sur-risque» de décès chez les buveurs

ETUDE Les chercheurs précisent qu’il n’est pas question pour autant de boire sans compter…

20 Minutes avec agences

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Illustration alcool, bière.
Illustration alcool, bière. — KROD/WPA/SIPA

Buvez, éliminez. Telle pourrait être la conclusion d’une étude menée par des chercheurs des universités de Sydney (Australie), de Liverpool et d’Open (Royaume-Uni) publiée ce jeudi dans la revue British Journal of Sports Medicine. Leurs travaux assurent en effet que pratiquer une activité physique régulière pourrait en partie compenser les risques accrus de décès liés à la consommation d’alcool.

« Nos résultats fournissent un argument supplémentaire en faveur du rôle de l’activité physique dans la promotion de la santé de la population, même en présence de comportements plus malsains », estiment les chercheurs.

Au moins 150 minutes d’activité physique modérée ou intense par semaine

Pas faux. Puisqu’en étudiant les réponses fournies à des questionnaires de santé et d’activités sportives entre 1994 et 2006 par quelque 36.000 Britanniques de plus de 40 ans, les experts dirigés par le Pr Emmanuel Stamatakis ont découvert que le « sur-risque » de décès chez les buveurs était diminué, voire parfois annulé chez ceux pratiquant « au moins 150 minutes d’activité physique modérée ou intense par semaine ».

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Ces 150 minutes correspondent à la durée recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour améliorer la santé et prévenir l’obésité et les maladies cardiovasculaires ainsi que certains cancers. Et chez les sujets n’atteignant pas ce seuil en revanche, le risque de décès restait étroitement corrélé à la quantité d’alcool consommée.

La consommation importante d’alcool liée à un risque accru de décès

Reste que ces experts ont également constaté, sans surprise, que la consommation importante d’alcool était liée à un risque accru de décès toutes causes confondues. Et que plus la consommation était élevée, plus le risque de mourir d’un cancer était important.

Un risque calculé alors que les sujets ne dépassaient pourtant pas la consommation totale d’alcool par semaine recommandée en Grande-Bretagne entre 1994 et 2006, soit 14 « unités » par semaine pour les femmes et 21 pour les hommes [une « unité » = 8g d’alcool, une demi-pinte de bière ou un demi-verre de vin]. A noter que cette recommandation a depuis été revue à la baisse pour les hommes qui ne doivent plus dépasser 14 « unités » par semaine.

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Une étude dont il ne faut pas tirer « des conclusions définitives »

Les auteurs de l’étude précisent toutefois qu’il s’agit seulement de travaux « observationnels » et qu’il ne faut pas en tirer « des conclusions définitives », d’autant que certains facteurs (comme l’alimentation ou le mode de consommation de l’alcool) n’ont pas été pris en compte alors qu’ils pourraient avoir un impact sur le résultat.

Ils concluent également en soulignant qu’il n’est ici pas question pour autant « de boire sans compter » en tablant sur le sport pour « compenser ».

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