Infarctus: Plus d'un tiers des patients sont mal diagnostiqués

ETUDE Avec 40% de risque supplémentaire par rapport aux hommes, les femmes sont davantage touchées par ces erreurs de diagnostic...

20 Minutes avec agence

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Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire.
Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire. — 20 MINUTES/SIPA

Un infarctus du myocarde sur trois est mal diagnostiqué dès l’entrée aux services d’urgences. Une fois à l’hôpital, les femmes souffrant de tous les symptômes d’un malaise cardiaque ont même 40 % de chance d’être mal diagnostiquées par rapport aux hommes.

Conséquences ? Le mauvais diagnostic conduit à de « mauvais soins médicaux » et à un « risque élevé de succomber à une crise cardiaque », concluent les chercheurs de l’université de Leeds (Royaume-Uni) qui ont conduit une étude d’envergure avec plusieurs instituts de recherche britanniques.

Les femmes se plaignant davantage d’essoufflement et de douleurs gastriques

Dans les résultats de leurs travaux publiés dans European Heart Journal, les experts expliquent avoir analysé les dossiers médicaux de plus de 564.412 patients admis pour un infarctus entre avril 2004 et mars 2013 dans 243 établissements de santé d’Angleterre et du Pays de Galles

Bilan : dans un cas sur trois (29,9 %), les médecins n’ont pas réussi à poser le bon diagnostic au début de la prise en charge, soit pour 168.534 patients. En cause, l’âge élevé de certains sujets (plus de 83 ans), mais aussi le sexe des patients.

Près de 30 % des sujets décédés auraient pu être sauvés

En effet, les femmes présentaient, par rapport aux hommes, 40 % de risque en plus d’être mal diagnostiquées. Un constat qui pourrait s’expliquer par une différence en matièrede symptômes. En effet, les femmes victimes d’un infarctus se plaignent davantage d’essoufflement et de douleurs gastriques, quand les hommes, eux, indiquent plus précisément une douleur au thorax et au bras gauche.

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Reste que l’erreur de diagnostic a un réel impact sur les chances de survies. Pour preuve, sur les 389.000 patients victimes d’un infarctus du myocarde avec une obstruction de l’artère visible, près de 114.000 sont décédés un an après l’attaque. Ceci alors qu’en recevant un simple traitement adapté à base d’aspirine, près de 30 % d’entre eux, selon les chercheurs, auraient pu être sauvés.