Alzheimer: Un traitement expérimental prometteur pour les patients souffrant d'une forme précoce

ETUDE Un anticorps baptisé «aducanumab» a permis de ralentir le déclin cognitif chez les sujets testés...

20 Minutes avec agences

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Une personne âgée se repose sur un fauteuil. Illustration sur la vieillesse.
Une personne âgée se repose sur un fauteuil. Illustration sur la vieillesse. — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

Nouvelle piste dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer, une dégénérescence incurable du cerveau qui frappe plus de 30 millions de personnes dans le monde. Un nouveau traitement expérimental à base d’un anticorps baptisé « aducanumab » a permis de ralentir le déclin cognitif chez des patients souffrant d’une forme précoce de la maladie.

Entre octobre 2012 et janvier 2014, 125 patients « pré-déments » ont été traités, soit avec un placebo, soit avec le fameux anticorps, précise les auteurs de l’étude, publiée mercredi dans la revue scientifique Nature.

Une stabilisation du déclin cognitif

Bilan : au bout d’un an, les sujets ayant pris les plus fortes doses du médicament présentaient une stabilisation de leur déclin cognitif et une réduction « significative » des plaques amyloïdes dans leur cerveau, comparativement à ceux qui avaient reçu un placebo.

Or, l’accumulation de fragments de protéine bêta-amyloïde dans le cerveau, qui empêche une communication normale entre les neurones, est l’une des caractéristiques d’Alzheimer.

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Des résultats accueillis avec prudence

« Nos résultats soutiennent l’hypothèse qu’un traitement par aducanumab réduit les plaques amyloïdes, et chose plus importante, que cette réduction a des effets cliniques bénéfiques », écrivent les auteurs des travaux.

L’étude a toutefois été accueillie avec prudence par plusieurs experts, qui relèvent qu’elle a été menée sur un nombre limité de patients et qu’elle devra être confirmée lors d’essais cliniques plus importants et sur des périodes plus longues.

Des effets secondaires à craindre ?

« Je suis prudemment optimiste face à ce traitement, mais j’essaie de ne pas être trop enthousiaste car de nombreux médicaments ont passé le cap des premiers essais avant d’échouer dans des essais plus importants », a ainsi déclaré le Dr Tara Spires-Jones, une spécialiste de l’Université d’Edimbourg.

Les résultats de l’étude menée sur l’aducanumab « sont encourageants » a commenté pour sa part le Pr Bruno Dubois, chef du service des maladies cognitives et comportementales de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Le spécialiste souligne toutefois que l’effet clinique du médicament a été observé « aux doses les plus élevées, qui peuvent entraîner des effets secondaires », comme des œdèmes par exemple.

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