Les cannabinoïdes, une substance du cannabis, pourraient améliorer la vision

ETUDE Habituellement connus pour réduire la neurotransmission, les cannabinoïdes permettraient, au moins chez le têtard, d’accroître l'activité visuelle...

20 Minutes avec agence

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Illustration de cannabis.
Illustration de cannabis. — L.Jones/Shutterstock/SIPA

Les cannabinoïdes, une substance active de la marijuana, pourraient accroître l’activité des cellules de la rétine et améliorer la vision. Telles sont les conclusions de chercheurs de l’Institut neurologique de Montréal (Canada), dont l’étude a été publiée ce mois-ci dans la revue médicale eLife.

Les scientifiques ont mené leur expérience sur des têtards, qu’ils ont soumis à des stimuli visuels alors qu’ils étaient exposés à des niveaux élevés de cannabinoïdes. Ils ont alors observé chez les larves une augmentation de l’activité des cellules ganglionnaires de leur rétine.

Un effet inverse observé précédemment 

Or ces dernières sont chargées de transmettre « de l’œil au cerveau l’information concernant la détection de la lumière », précise un communiqué de l’université McGill, où exerce l’un des auteurs de l’étude, le docteur Ed Ruthazer, professeur de neurologie et neurochirurgie. Concrètement, les têtards ont été capables de « discerner des objets moins clairs en contexte de faible luminosité, davantage que lorsqu’ils n’avaient pas été exposés à des taux accrus de cannabinoïdes ».

Une découverte pour le moins étonnante puisque, selon de précédentes études, les cannabinoïdes avaient pour effet de réduire la neurotransmission, et non de l’accroître. « On porte d’abord un regard sceptique lorsqu’on observe quelque chose qui contredit les idées répandues. Or on a tenté l’expérience maintes fois, à l’aide de diverses techniques, et elle s’est toujours soldée par le même résultat », affirme le spécialiste.

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Et s’il est encore trop tôt pour affirmer que les cannabinoïdes ont le même effet sur l’œil humain, l’usage thérapeutique de ces substances chimiques « est de plus en plus accepté par la communauté médicale, ce qui exige plus que jamais de comprendre de manière précise et exhaustive » leur rôle « dans le cerveau », conclut le chercheur.