Zika: Un vermifuge capable de bloquer la multiplication du virus?

ETUDE Il s'agit de la niclosamide, la substance active de médicaments commercialisés dans le traitement du ténia (ou ver solitaire) depuis une cinquantaine d’années....

20 Minutes avec agences

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Moustique porteur du virus Zika, le 7 mai 2016 à Mexico
Moustique porteur du virus Zika, le 7 mai 2016 à Mexico — YURI CORTEZ AFP

Nouvel espoir dans la lutte contre le virus Zika. Des chercheurs de la Florida State University (FSU), de l’Université John Hopkins et des Instituts nationaux américains, ont découvert qu’un vermifuge, utilisé pour traiter le ver solitaire, serait capable de bloquer la multiplication du virus.

Une avancée qui pourrait accélérer la mise au point de traitements contre cette infection virale, à l’origine de lésions cérébrales chez le fœtus. Pour parvenir à leurs conclusions, les scientifiques, dont l’étude a été publiée lundi dans la revue spécialisée Nature Medicine, ont passé au crible 6.000 molécules déjà approuvées aux Etats-Unis ou faisant l’objet d’essais cliniques.

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Deux classes de substances efficaces

Lors de travaux menés en laboratoire sur des cellules infectées par Zika, ils ont découvert deux classes de substances, l’une capable de bloquer la multiplication du virus et l’autre d’empêcher la mort des cellules. Dans la première catégorie figure notamment le niclosamide, la substance active de médicaments commercialisés dans le traitement du ténia (ou ver solitaire) depuis une cinquantaine d’années.

Bilan : les deux classes de substances se sont révélées efficaces, avant et après exposition au Zika, avec des bénéfices encore plus importants lorsqu’elles étaient utilisées ensemble. Pourtant, « des études sur l’animal suivies d’études cliniques » seront encore nécessaires avant de confirmer l’efficacité réelle du niclosamide et, éventuellement, de le recommander aux femmes enceintes, a indiqué à l’AFP Hongjun Song, un coauteur de l’étude.

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Réduire la charge virale, et pas seulement chez les femmes enceintes

Au-delà des femmes attendant un enfant, cette substance pourrait néanmoins, dixit les chercheurs, être également utilisée « pour réduire la charge virale chez les hommes et les femmes non enceintes, ce qui réduirait la transmission du Zika et pourrait éviter des cas de Guillain-Barré et d’autres complications chez l’homme ».

« Nos découvertes et les outils que nous fournissons devraient faire avancer de manière significative la recherche actuelle sur Zika et avoir un effet immédiat sur le développement de traitements » contre le virus, concluent les spécialistes.