Dépakine: Création d'un fonds d'indemnisation pour les plus de 14.000 victimes

ECONOMIE Il devrait être voté au Parlement d’ici à la fin de l’année...

20 minutes avec agences

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La dépakine est un médicament anti-épilepsie.
La dépakine est un médicament anti-épilepsie. — LODI Franck/SIPA

L’ampleur du « scandale » sanitaire lié au valproate de sodium, la substance active de l’antiépileptique Dépakine, a été révélée, mercredi, par le ministère de la Santé, qui a reconnu que plus de 14.000 femmes enceintes avaient été « exposées » entre 2007 et 2014 à ce médicament nocif pour le fœtus.

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Sous la pression des familles de victimes, il a également annoncé une série de mesures dont la mise en place d’un dispositif d’indemnisation pour les victimes qui devrait être voté au Parlement d’ici à la fin de la l’année.

« Dans un silence total et le mépris des victimes »

Marine Martin, la présidente de l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) qui alerte depuis 2011 sur les dangers du valproate et n’hésite pas à parler de « scandale d’Etat », s’en est pris mercredi au laboratoire Sanofi.

« J’attends que Sanofi s’exprime car aujourd’hui ils sont dans un silence total et le mépris des victimes. J’espère que le gouvernement saura être ferme et les obligera à participer au fonds d’indemnisation », a lancé celle qui estime pour sa part à 50.000 le nombre des victimes du valproate depuis le début de sa commercialisation en France en 1967 par le laboratoire Sanofi sous la marque Dépakine.

Un pictogramme pour alerter sur les dangers du traitement

L’antiépileptique est sur la sellette comme tous les médicaments à base de valproate de sodium (Dépakote et Dépamide), à cause d’un risque élevé (de l’ordre de 10 %) de malformations congénitales (cœur, reins, membres, colonne vertébrale et becs de lièvre) mais également d’un risque accru d’autisme et de retards intellectuels et/ou de la marche, pouvant atteindre jusqu’à 40 % des enfants exposés.

Et parmi les mesures annoncées mercredi par le ministère de la santé figure un pictogramme, réclamé à cor et à cri par l’Apesac pour alerter sur les dangers du traitement. Il sera apposé sur les boîtes de médicaments, en plus des mentions d’alerte déjà existantes.

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Etude en Allemagne, procédures judiciaires aux Etats-Unis

Le ministère a également promis dans les six mois un dispositif permettant de prendre en charge « en totalité » par l’Assurance maladie les soins des patients reconnus dans le cadre d’un « protocole de dépistage et de signalement ».

Les risques du valproate pour le fœtus font l’objet de mises en garde dans de nombreux pays européens depuis 2014, notamment en Allemagne où une étude a été lancée par les autorités. Des procédures judiciaires ont été engagées contre le laboratoire Abbott qui commercialise la molécule aux Etats-Unis.