Cancer du sein: Quand les craintes des patientes augmentent les mauvais effets des traitements

ETUDE Les femmes qui redoutent des effets secondaires importants auraient une moins bonne qualité de vie et un plus faible taux d’adhésion au traitement...

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une femme passant mammographie pour le dépistage précoce du cancer du sein.
Illustration d'une femme passant mammographie pour le dépistage précoce du cancer du sein. — S.POUZET/SIPA

Douleurs articulaires, gain de poids et bouffées de chaleur… L’importance des effets secondaires de certains traitements du cancer du sein, notamment l’hormonothérapie dépendrait étroitement des craintes des patientes, celles redoutant le pire souffrant des effets les plus importants.

Moins bonne qualité de vie et faible taux d’adhésion au traitement

Tel est le constat de chercheurs allemands de l’université de Marburg qui ont mené un essai clinique sur 111 femmes opérées d’un cancer du sein. Juste avant de commencer une hormonothérapie (un traitement qui complète ou se substitue à la chimiothérapie) utilisant du tamoxifène ou des anti-aromatases, les chercheurs ont demandé aux patientes si elles s’attendaient à des effets secondaires.

Bilan : « Il n’est pas bon de s’attendre au pire », tranchent les experts dans leur étude publiée ce mardi dans la revue Annals of Oncology. Des chercheurs qui expliquent que les 29 % de participantes qui redoutaient des effets secondaires importants avaient, en effet, la moins bonne qualité de vie et le taux d’adhésion au traitement le plus faible deux ans après le début de l’hormonothérapie. À l’inverse, celles qui n’escomptaient aucun effet secondaire (8 %) ou s’attendaient à des effets modérés (63 %) acceptaient mieux le traitement et rapportaient moins d’inconvénients deux ans après.

Modifier les attentes grâce aux psychologues

« Nos résultats montrent que les anticipations constituent un facteur cliniquement pertinent qui influence le résultat à long terme de l’hormonothérapie », conclut le Pr Yvonne Nestoriuc.

Si cette spécialiste en médecine psychosomatique et en psychothérapie à l’origine de l’étude estime alors qu’une modification des attentes par le biais de psychologues avant le début du traitement pourrait améliorer les résultats de l’hormonothérapie. Le Pr Yvonne Nestoriuc mène ainsi actuellement un nouvel essai pour déterminer l’efficacité de cette nouvelle stratégie.

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