Médicaments et conduite: Les pictogrammes restent inefficaces

SECURITE ROUTIERE La mise en place en 2007 de trois pictogrammes destinés à signaler aux conducteurs les traitements à risque n'a pas fait diminuer les accidents de la route...

20 Minutes avec agences

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Illustration médicaments.
Illustration médicaments. — FRANCK FIFE

Le nombre d’accidents de la route liés à la consommation de médicaments à risque dans le cadre de la conduite d’un véhicule n’a pas diminué malgré la mise en place à la fin des années 1990 d’une série de pictogrammes identifiant les traitements concernés.

Le symbole unique, un triangle rouge, avait été remplacé par trois pictogrammes différents en 2007. Un jaune (niveau 1), préconisant de « ne pas conduire sans avoir lu la notice », un orange (niveau 2), demandant de « ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé » et un rouge (niveau 3) interdisant la conduite. Un tiers des médicaments sur le marché français font ainsi l’objet d’une telle signalisation.

Des informations pertinentes, mais qui ne suffisent pas

Pourtant, une étude dont les résultats ont été publiés ce lundi dans la revue British Journal of Clinical Pharmacology indique que « les informations inscrites sur les boîtes de médicaments sont pertinentes, mais ça ne suffit pas », comme le résume Emmanuel Lagarde, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), son principal auteur.

Les chercheurs ont étudié l’impact des pictogrammes de niveaux 2 et 3 sur les accidents de la circulation en identifiant 150.000 conducteurs impliqués dans des accidents de la route entre 2005 et 2011. Ces derniers ont été répartis en plusieurs groupes chronologiques.

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Une légère hausse des accidents dus aux somnifères

Mais alors qu’on aurait pu espérer une baisse des accidents au cours des périodes suivant la mise en place du système de pictogrammes multiples, les spécialistes n’ont pas trouvé d’effet significatif. Au contraire, les scientifiques ont trouvé une légère hausse des accidents dus aux somnifères de la famille des benzodiazépines ou apparentés.

Une hausse qui pourrait s’expliquer par « l’augmentation de la consommation de ces produits par une population vieillissante ».

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