Dépakine: Non, le rapport alarmant n’a pas été caché aux familles par le ministère de la Santé

SCANDALE SANITAIRE Entre 2007 et 2014, 10.000 femmes enceintes auraient pris ce médicament antiépileptique pouvant entraîner des malformations du fœtus et des troubles du comportement…

Vincent Vantighem

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La dépakine est un médicament anti-épilepsie.
La dépakine est un médicament anti-épilepsie. — LODI Franck/SIPA

« Le scandale est énorme. Mais on ne peut pas dire que le rapport a été caché aux familles. » Chargé de la défense des victimes de la Dépakine, l’avocat Charles Joseph-Oudin a démenti en partie, auprès de 20 Minutes, les informations publiées, ce mercredi matin, par Le Canard enchaîné.

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Titrant « L’étude que cache le ministère », l’hebdomadaire satirique assure dans son édition du jour que les autorités sanitaires ont « soigneusement caché » un rapport alarmant sur la Dépakine, un médicament antiépileptique pouvant entraîner, s’il est prescrit à une femme enceinte, des risques de malformations du fœtus et des troubles du comportement de l’enfant.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de la Santé sur ce sujet, assure Charles Joseph-Oudin, avocat spécialisé dans le domaine de la santé. Ce rapport leur a été communiqué le 15 juillet. Une réunion a été programmée avec les victimes pour le 24 août. On ne peut pas donc dire que le rapport a été caché. »

L’étude sera rendue publique en septembre

Rédigé par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), ce fameux rapport porte sur l’étude des femmes enceintes exposées à la Dépakine entre 2007 et 2014. « Nous l’avons effectivement remis au ministère à la mi-juillet », confirme à 20 Minutes une source au sein de l’ANSM.

De son côté, le ministère de la Santé a publié un communiqué sur son site, démentant lui-aussi les informations du Canard enchaîné : « Le calendrier était prévu et suit les délais nécessaires à l’examen de ce type de travaux, assure le texte. L’étude et le plan d’action qui sera établi sur cette base seront rendus publics début septembre. »

L’information auprès des patientes renforcée depuis 2014

Commercialisée depuis 1967 par le laboratoire Sanofi, la Dépakine est un antiépileptique très efficace qui peut entraîner, s’il est prescrit à une femme enceinte, des risques de malformation du fœtus (10 % des cas) et de troubles de comportement de l’enfant (40 %).

Selon nos informations, ce produit a fait l’objet d’une réévaluation en 2014 par l’Agence du médicament européenne, qui a réclamé que l’information auprès des patients soit renforcée. Désormais, il ne peut être prescrit que par un spécialiste (neurologue) et à la condition sine qua non que la patiente signe un formulaire de consentement sur lequel les risques sont clairement présentés.